Afficher On pense avec les pieds sur une carte plus grande

dimanche 28 février 2016

Virée au pays du Lynx - le Grand Crêt

A la recherche du Soleil et en fuite des embouteillages. C'était le Vercors sud la semaine dernière, c'est le Jura cette fois-ci. Chez le lynx! Les lynx décimé-e-s, femmes et enfants d'abord, d'ailleurs, depuis 6 mois. En Allemagne, on en réintroduit, mais en France, il disparaît des Vosges et risque du subir le même sort dans le Jura. C'est la catastrophe. En attendant, depuis Bellegarde et jusqu'à Lélex par les routes sinuant dans le Massif, impossible de ne pas repenser à celui observé il y a deux ans...

Pourquoi poursuivre plus loin?
Arrivée à cette moche station de Lélex, arrêt sur le parking déserté avant le village. Un peu de neige, trop peu pour les raquettes jusqu'au refuge du Ratou, mais au-delà, elles sont chaussables, surtout histoire de ne pas les avoir portées jusques ici pour rien. 


Le parcours forestier est bien agréable, et contraste avec le passage en contrebas de la piste de ski où dévale une bise glaciale et les premiers skieurs. On grimpe et on atteint le Soleil plus qu'il ne nous atteint. Et ça monte en skis de randonnée. 


Lièvre variable


Voici le replat, sous le Grand Crêt, où le paysage est féerique, et enfin quelques traces d'animaux... dont un lièvre variable remarquable. Un dernier petit mur à gravir et voilà la crête.


Au-dessus du Jura, un petit voile nuageux, et dès ce matin sur les Alpes, des nuages plus gros, doublés d'une brume épaisse. Je ne sais pas trop quelle sera la vue - elle est grandiose. Du Valais aux Bauges... Les sommets jouent avec les nuages, et par-delà une mer de brume au-dessus de Genevois, et des vallées dans leur ensemble. 

Sous le Crêt

C'est magnifique mais le vent rend la situation intenable. Aller-retour au sommet, et pique-nique abrités par un arbre givré et parfait paravent. En face du Mont Blanc. Ouais.




Et voilà le temps de redescendre, dans cette neige très agréable à dévaler. Ravitaillement à la station, en comté, morbier et autres diableries locales. Et voilà le travail!

La Montagne Sous-Dîne, à aller visiter en hiver

samedi 20 février 2016

Balade raquettes à Pré Peyret

Arrivée du Soleil
Comme d'habitude... un peu de fatigue, un peu de courage qui manque, c'est l'hésitation au moment de se lever à 4h ce matin, m'enfin la montagne me manque un peu. Il n'y a qu'une petite fenêtre et il va falloir jouer serré. Le temps n'est pas annoncé des plus beaux, sauf sur le sud Vercors jusqu'à 13h environ. Et puis, c'est le week-end des touristes sur les routes. 

Grand Veymont et barrière du Vercors

Je contourne ces contraintes en partant tôt, 4h30, pour le Col du Rousset. C'est un peu loin, mais ça faisait longtemps que j'avais envie d'aller voir. Raquettes au pied à 7h. Le jour n'est pas encore levé, mais la lumière monte un peu et les chaînes de l'entretien des pistes de ski n'éblouissent plus de leurs phares quand je démarre. 

Grand Veymont et scintillements

Un petit lièvre saute et gambade. Peu de traces, sinon, dans cette forêt enneigée où la montée est bien agréable. Le grand silence. Très vite, je sors du bois, et aperçois les crêtes prometteuses d'une belle vue sur le Diois et au-delà. Je vois un petit sommet (cote 1703m) que je décide de gagner plutôt que de prendre plein Est le GR93 droit au but. Et en effet la vue est belle, sur Glandasse, les Trois Becs notamment. Le Soleil a frappé entre temps, mais c'est le vent qui est le plus violent, et glacial.

Vue sur le Diois

Sans m'attarder, je suis donc la crête, empruntée par quelque renard récemment. On plonge en forêt joliment éclairée jusqu'au Pas des Econdus, avant de contourner la Tête du Faisan en fond de vallon. En fond de vallon absolument, car c'est ici le domaine du tétras-lyre, au nord du GR. Pas question d'aller le déranger. Je scrute mais ne voit pas un coq. Je l'entends, en revanche, caquetant si l'on peut dire.

Sur la crête

Cabane de Pré Peyret
Je reprends la route et surprend un bel écureuil qui se réfugie immédiatement dans un sapin. Et puis voilà la cabane de Pré Peyret qui arrive, bien cachée. On y perd le Grand Veymont, grande étoile des lieux, et qui, toute la matinée durant, n'a cessé de se transformer par jeux de lumières et de nuages. Magnifique spectacle. 

En forêt
Changement de couleurs

Sur le retour, je manque me faire chasseneiger par un chasse-neige qui dame le GR. Ah bon?! Retour vers 11h, en côtoyant les quelques skieurs qui dévalent les pentes débonnaires du coin, tranquillement.

Dernier regard

Aiguilles, Chamaloc
Je rentre par Col du Rousset sud, où l'on est vite confronté au beau spectacle des Aiguilles de Chamaloc. Des vautours les survolent. Au moins 5 à se relayer dans les airs et dans les aires (de nichages). Et je m'offre un petit pique-nique au bord de la Drome, à Saillans, village démocrate s'il en est.

Les vautours fauves y habitent


Village le plus démocratique de France?
Au bord de la Drome

Week-end dans le Pilat

Un temps bien incertain... une petite excursion à Condrieu, île du Beurre, à la recherche perdue du martin-pêcheur... quelques oiseaux quand même,  et arbres en fleurs et abeilles de sortie, d'ores et déjà! 1 mois d'avance le printemps cette année.

Déjà au travail!
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Et le lendemain, petite balade dans le Pilat, où il reste un peu de neige, un tout petit peu. Crêt de la Perdrix, de la Chèvre, tempête de neige et refuge trouvé à la Jasserie pour un bon thé et une magnifique tarte aux myrtilles... 
Crêt de la Chèvre

Temps incertain

dimanche 24 janvier 2016

Week-end en Chartreuse

Entremont-le-Vieux sous le Granier
Après un début de mois de janvier pour le moins chargé, première incursion montagnarde de l'année! Je programme un samedi après-midi sur les pistes nordiques du Désert, et un dimanche matin au sommet du Pinet en face, en Chartreuse

Bien du monde sur la route, partant profiter du beau temps annoncé... Arrivée à 15h au Désert, où le petit parking est plein. Je finis par repérer Papy et Mamie sur le départ, me range à droite, mets le clignotant à gauche, et attends de longues minutes que le 3e âge parvienne à démarrer la voiture et enclencher la marche arrière. J'y vais enfin mais voilà-t-il pas qu'une voiture tout juste arriver me fait l'intérieur et se gare à ma place. Tranquille! Heureusement, une autre voiture libère sa place où je m'installe. Grrrr!

Photo de jour ou de nuit?
Je pars oublier tout ça, skis chaussés, sur la piste verte (faut pas déconner) "Chevêche". Et encore ai-je hésité avec "Chevêchette", mais la moyenne d'âge a l'air d'y être de 3,6 ans. Premiers mètres et premières sensations de tomber - ça fait longtemps! Aucun équilibre, aucune coordination, c'est une catastrophe, mais je m'en moque, il fait beau, je glisse tant bien que mal sous le mont Outheran et en face des Granier et Pinet. C'est chouette! La piste monte monte monte et je me demande bien comment je vais pouvoir redescendre. Verte la piste! Devrais pas avoir trop de sueurs froides... Et enfin la piste dessine une épingle, c'est le retour descendant. Quasiment plat, mais j'y vais prudemment... Et puis la descente est un peu plus marquée, et je reprends un peu pied en même temps que vitesse. 

Hop! on refait le tour. Bien plus rapide! Et hop! on repart, mais sur la piste bleue! J'arrive presque à faire des pas. Hé! bien... il y a encore du boulot. Ce n'est pas l'essentiel, c'était bien agréable. 

Mont Blanc, Grand arc, Lune
Je repasse à l'Est du Granier pour voir la fin du jour sur le Mont Blanc et Belledonne. Surprise! la Lune a l'air d'être pleine et émerge tout juste au-dessus du Grand Arc. Et en remontant, je la vois se mirant dans le Lac de Saint André. Magnifique... 

Dernières lueurs sur Belledonne
La Lune dans le Lac de Saint-André


Le Pinet, bleu et rose
Le lendemain matin, il fait bien froid. Je tarde donc un peu à partir. Je vise le Pinet, par deux fois déjà délaissé une fois arrivé sur le plateau. Montée rapide et efficace au Col de l'Alpette, quand elle m'avait fait souffrir lors des deux premières tentatives. Là, tranquille. 8h30 au Col. Le Soleil est en retard. Avant d'aller au Pinet, je vais rendre visite aux chamois du coin. 

Le Granier est gagné par la lumière

Les sangliers ne respectent rien!
Chemin faisant, je constate que les lièvres s'en donnent à cœur-joie, et les sangliers font des ravages, remuant (ciel et) terre pour trouver quelque nourriture sous la neige. Bon. Pas de chamois. Si! un cri d'alerte vient de plus haut. Je lève la tête, et dans une grande confusion, découvre un groupe de chamois manifestement menacé par un quadrupède à longue queue qui court très vite vers eux. Quel est donc ce galimatias? Je perds l'intrus de vue, et les chamois semblent s'apaiser. Je ne comprends pas trop. 

Réunion de crise - Faut-il déclarer l'état d'urgence ad vitam aeternam?

Et voilà que des sangliers se manifestent, non loin de moi dans les sapins. Je n'ai qu'une envie modérée de les rencontrer, imaginant que ces zigotos courent plus vite dans la neige que moi. Ils n'ont de toute façon certainement pas la moindre envie de s'extirper de leur bois à cette heure-là. Je regagne le Col de l'Alpette

Le Mont Blanc voilé, depuis l'Alpette

De là, je prends la direction du GR9. J'ai oublié la carte à Lyon... je n'ai que de vagues souvenir d'un récit quittant le GR9 au niveau de ruines pour monter au Pinet. La question est importante, tant ce secteur est parsemé de failles, de gouffres, de scialets en tous genres dans lesquels il est facile de tomber quand ils sont recouverts de (pas assez de) neige. Je fuis les avalanches en gagnant les plateaux débonnaires du Vercors ou de Chartreuse, ce n'est pas pour finir dans un scialet. Conséquence : soit je trouve une trace, soit j'abandonne et retourne à la Croix de l'Alpe, plus sûre. 

Regard arrière sur le Granier

Arrivent les ruines, mais pas les traces filant vers le sommet. Tant pis. Je poursuis plus loin, toujours rien... Je finis donc par monter à l'Est vers la Croix de l'Alpe. Plus tard, en me retournant, je découvre un randonneur qui a obliqué vers le Pinet au niveau des ruines... Tant pis, ce sera une prochaine fois. 


Le Grand Som
Voilà la Croix, et sa magnifique vue sur le Mont Blanc, voilé, Lauzière, Belledonne, Grandes Rousses. Et quelques sommets de Chartreuse. Il est à peine 11h. Pique-nique contemplatif. 

Croix de l'Alpe
Vers Grand Pic de Belledonne

Vers midi, les premiers randonneurs arrivent, assez peu nombreux finalement, et moi je repars. La descente dans ce silence blanc et en manches courtes est un enchantement. Et ça scintille de toutes parts. 

Habitants des forêts

Pas mal de monde, en revanche, au Col de l'Alpette vers 12h20. Il n'y a plus qu'à plonger dans la forêt vers la Plagne, et le tour est joué. Ça fait du bien!

Le Désert sous le Mont Outheran

jeudi 31 décembre 2015

2016 Au hasard Balthazar!

Le Gypaète Barbu Balthazar
60 articles sur ce journal cette année, c'est plus d'un par semaine et c'est un record. C'est important les records, c'est le Baron qui l'a dit. 

Qu'est-ce qu'on en retient?

Un an d'une bataille acharnée, ici là et ailleurs, avec le Martin-Pêcheur, finalement remportée en ce mois de décembre. L'autre Oiseau, le grand l'immense le vautour-aigle, le Gypaète Barbu, observé, et dans quelles conditions! pour la première fois également. Cerise sur le gâteau, ce gypaète s'appelle très probablement Balthazar! Au hasard Balthazar! 

J'ai fait la connaissance d'une multitude de cons, d'oiseaux je veux dire. Leurs portraits sont sur la page dédiée. Moult champignons également, même si leur identification reste bien délicate la plupart du temps. Mes recherches m'ont également mis sur le bon chemin des ophrys abeille et bourdon. Je me suis rapproché du loup, j'ai vu au moins une fois sa trace dans la neige, peut-être l'ai-je entendu? 

J'ai ce besoin de connexion avec la Nature. Léon Bloy parlait à propos de Balzac d'une "ignorance incroyable de tout ce qui n'est pas humain" et il ajoutait : "Je suis profondément dégoûté." Déconnecter l'humain de sa biologie, de la Nature (que certains appelleraient "Dieu"), voilà l'oeuvre de la modernité occidentale. Il y a quelques années, je le pensais avec la tête en lisant Nietzsche et les essais d'Edgar Morin. Je le pense désormais avec les pieds, avec cette envie de connaître et de comprendre la vie de notre milieu. Marcheur, il n'y a pas de chemin, ce sont tes pas le chemin... 

Me resteront particulièrement en mémoire les cascades du Bugey terrain de jeu du cincle plongeur, une nocturne à Sous-Dîne, un bivouac magique dans le Vercors, un mois de juin en Chartreuse, un bivouac auvergnat, un autre pyrénéen avec une fondue savoyarde dans les bois, un mois d'août en Vanoise, une reprise automnale dantesque dans le Vercors, le dénouement de mes démêlés avec le martin-pêcheur, et la rencontre avec le gypaète barbu.

2015 c'était très bien, 2016 sera pire! Maadadayo!

mercredi 30 décembre 2015

Tour des Rochers de Leschaux sous l’œil du Gypaète barbu

La dernière de l'année! Au départ, je pensais disposer de deux journées complètes et avais prévu de me poser au Petit-Bornand pour faire les Rochers de Leschaux, et, le lendemain, monter à Roche Parnal et Sous-Dîne par une autre voie. La météo de la veille, maussade, me pousse à réduire ce programme à la seule visite à Leschaux, en partant, du coup, du Plateau de Solaison.

Je m'y rends la nuit tombée, prudemment car il y a un peu de verglas sur la route qui y monte. Une chouette! une chouette dans mes phares... Hulotte? A l'arrivée, les nuages commencent à se disperser et laissent place aux étoiles. Le temps sera beau!

Départ au petit matin

Réveil un peu trop matinal, il fait encore nuit noire... Je patiente tranquillement, et prend finalement le départ à 8h. Tergiversations sur le sens dans lequel prendre la boucle. Allez, je monte finalement par la grotte de la glacière. Le parcours débute par une traversée forestière sur un petit chemin tracé parmi les racines, très glissantes avec le gel. 

Massif du Bargy depuis Plateau de Cenise

Un hurlement? Un hurlement! Hurlements!... vociférations... comme quand les Girondins entendaient Robespierre leur parler d'un prix maximum du pain (Mon Dieu quelle horreur! et la liberté économique alors?). Non, de vrais hurlements! Ah oui... mes prévisions petit-bornantaises n'étaient pas complètement étrangères à la présence de loups dans le coin. Une bête hurle non loin de moi. Des pas dans la forêt... craquements... cris et chuchotements! Les hurlements s'interrompent. Et reprennent, plus loin, plus bas. Je ne sais trop quoi en penser. Un animal blessé. Un chien ou un loup? Incessants ils deviennent, ces hurlements... "Il va la fermer sa grande gueule!" Blague à part... Je quitte le sentier en profitant d'une pente moussue facile à dégringoler. Je me rapproche. Tant et si bien que j'entends maintenant, en plus de l'animal, un homo sapiens, qui semble parler à son chien. Je me retrouve sur une corniche et ne voit pas très bien comment poursuivre la descente. Tant pis! Je remonte. Je ne saurai le fin mot de l'histoire que si c'était bel bien un loup. Mais j'en doute.


On se croirait maintenant un petit peu en Chartreuse. On pense aussi avec les mains en montant au-dessus de la Grotte de la Glacière, jusqu'à atteindre le plateau de Cenise. Le massif du Bargy est là, magistral! Une petite pensée pour les bouquetins du massif, honteusement décimés. Quelques pérégrinations à travers le plateau, et je reprends la route vers le sommet des Rochers de Leschaux. Ascension dans un paysage assez chaotique.


Forte suspicion de Grand Tétras, dérangé par mes soins, alors qu'il se reposait sous un pin, et que je passais par là. Y en a-t-il par ici? Vol assez caractéristique, quand même, et attitude un peu balourde pour un volatile. Si c'est bien le cas, c'est la première fois que j'en croise un! 


Sommet
Le sommet n'est plus très loin, la Croix le matérialisant se montre alors. Étrange d'ailleurs, ce besoin matérialiste et spiritualiste tout à la fois, en y repensant. Il est 10h40. La montée a été très tranquille et agréable. Un léger vent frais, mais je suis équipé. Je peux envisager de rester là, au Soleil, un bon moment. 

Sous-Dine, Roche Parnal, Sur-Cou
Mer de nuages, Salève, Vuache qui se devine, Reculet - Crêt de la Neige

Plateau des Glières
Contemplation! Magnifique mer de nuages sur le Genevois. Le Salève émerge, le Vuache à peine à peine. Au loin, le Reculet et le Crêt de la Neige font les malins, mais pas la suite. Au Sud, le Meije et le Râteau se montrent. Et, juste en face, par-delà le Petit-Bornand recouvert de la mer de nuages, Sur-Cou, Roche Parnal et Sous-Dîne que j'aime tant. Et puis, contre les falaises, sur une petite vire, un bouquetin se balade (identifié seulement au zoom numérique, en plus du zoom optique).

Au loin les Écrins
Dents du Midi

Bouquetin
Trois trailers arrivent. Ils repartiront bientôt. Deux randonneurs complètent le tableau. A peine les trailers repartis, nous ne sommes donc plus que trois au sommet, à regarder vers le Jura quand une ombre apparaît à nos pieds dans la neige. Interrobang!?... dans ma tête... on la lève... rasés par un Barbu!

Rasés par un Barbu!

Un gypaète! un gypaète barbu!... nous survole, 5-10 mètres au-dessus de nous. Reconnaissable immédiatement... Rah! je n'en avais jamais vu. Il est magnifique. Grande émotion. Très facilement, trop facilement, il profite de son envergure pour partir, loin loin loin, sans le moindre effort. Il disparaît derrière la falaise. Je savais qu'un couple nichait sur l'autre versant du Bargy. Je l'avais dans un petit coin de la tête, mais de là à imaginer ça... Il va revenir, c'est sûr. Pourtant, durant ces longues minutes d'attente, je me demande comment il va pouvoir remonter étant donné que le courant qu'il a pris à l'aller le faisait descendre. 

Magnifique oiseau!

Mais le gypaète a trouvé la solution bien avant moi. Je le revois! il revient, en longeant les falaises ensoleillées, qui lui permettent donc de reprendre de la hauteur. Qu'il est beau. Il revient vers nous. Il va nous passer devant! là à 5 mètres, au bord de la falaise. Quelle observation exceptionnelle! Le vautour-aigle! Le Grand Maître des airs. Nous n'avons pas de condor, mais le Gypaète

Il repasse juste devant nous...

Au revoir... 
Nous sommes encore à notre joie quand il semble basculer sur l'autre versant du Bargy. Plus tard, je crois le revoir. Non! c'est un aigle! un Aigle Royal! qui tournoie dans le ciel, au-dessus de nous. Incroyable! Quelle chance... 

Aigle Royal
Allez encore une...

Mes deux compagnons ornithologiques finiront par redescendre. Je veux me laisser encore une chance d'observation. Je reste un peu. Il est vite 12h. Je mange. Et voilà qui semble attirer Maître Corbeau et les chocards. Et un corbeau, en particulier, fait le pitre pour manger une chips! Petite séance photo pour la Complète!

Grand Corbeau
"Croa Croa"
Pitreries
Acrobaties aériennes

Je songe, enfin, à redescendre, bouclant la boucle par une descente chaotique, et assez verglacée, qui exige la plus grande concentration pour ne pas se briser un os, ce qui arrangerait certes le Gypaète. Et revoilà le plateau de Solaison. En descendant vers Brison, la mer de nuages se révèle. Ahurissant de constater la différence entre un si beau temps là-haut, et la purée de pois détestable dans la vallée.

Retour à Solaison
Et bientôt affronter la purée de pois