Afficher On pense avec les pieds sur une carte plus grande
Affichage des articles dont le libellé est soldanelles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est soldanelles. Afficher tous les articles

dimanche 8 juin 2014

Bivouac au Grand Veymont

Au départ : l'objectif
Je reviens au Grand Veymont après un échec récent dû à la météo. Cette fois-ci, il doit faire beau les trois jours de cette Pentecôte. Me voici donc à Gresse-en-Vercors, avec en tête de passer la nuit sur les Hauts-Plateaux. 

J'opte pour une montée par le Pas de la Ville, pour redescendre le lendemain par les Bachassons. La semaine a été difficile, et le départ sera à cette image. Je ne pense pas à regarder la carte, ni même les balisages. Je prends une piste, comme ça, allez... Je ne pense pas. J'arrive à un barrage, monte en quelques lacets un peu au-dessus, et c'est au bout de 30 minutes de marche que j'ai enfin la lucidité de me demander si je suis sur le bon chemin. Tiens, aucun balisage. Tiens, le barrage en question n'est pas du tout sur l'itinéraire du Pas de la Ville. "Petit" moment d'agacement, et je m'inflige des flagellations urticantes en coupant un pré pour rejoindre le bon chemin. 

Agréable montée en sortie de forêt

Deuxième coup de massue sur la tête : étant parti à presque 16h, je croise les randonneurs qui... redescendent! Evidemment! Mais, c'est bien la première fois que ça m'arrive, c'est habituellement l'inverse, et c'est difficile moralement. C'est surtout difficile parce que je galère un peu avec un sac deux fois lourd qu'à l'accoutumée, en pleine chaleur. 

Vue depuis le Pas de la Ville

Pas facile! M'enfin, en sortant de la forêt, je trouve très vite des bouquetins qui me distraient, des névés qui me permettent d'improviser une calotte glaciaire pour me rafraîchir les idées, et le paysage de montée est magnifique. Malgré toutes ces difficultés, je parviens au Pas de la Ville à 17h30.

Entre Pas de la Ville et Grand Veymont

Résidente hospitalière du Pas de la Ville
Longue pause avec une étagne très tranquille, qui semble avoir la même intention que moi, de repos au Pas de la Ville. On cohabitera très bien. Puis, c'est la montée au Veymont. Elle est plus facile, je veux dire moins vertigineuse que je ne le pensais : même un court passage en versant est, avec des escaliers très légèrement déversants ne posent pas de difficulté. Et cette montée est magnifique, très variée, jusqu'à la vue sur les falaises du Veymont. Là, c'est une longue traversée finale dans des pentes herbeuses, dont on a l'impression de ne pas voir la fin. 

Il est mignon, lui

Au sommet : Dévoluy et Mont Aiguille
Mais, à 18h20, quand j'arrive au sommet, c'est même assez émouvant. Il n'y a plus personne au sommet. Et un abri a l'air très approprié pour y dormir. Ma première idée était de redescendre dès ce soir, je change d'avis. Légèrement en contrebas, nichant apparemment dans les falaises, des oiseaux à ailes blanches... des niverolles alpines? je ne sais...

Bivouac au sommet
D'autres randonneurs arrivent cependant, dont un couple qui n'a pas de tente et à qui je laisse l'abri. Avec leur aide, nous rafistolons un abri plus modeste, et je pense que ce sera bien suffisant et que le vent va tomber : erreur! Repas, coucher de soleil. Mais le vent redouble, et va s'avérer insupportable toute la nuit, jouant dans les voiles de la tente. Si j'avais su, j'en aurais empilées, des pierres! Résultat : je ne dors pas beaucoup.

Coucher de Soleil

Vers 5h, je me dis qu'il faudra un courage surhumain pour sortir 1/ du duvet et 2/ de la tente, tant ça souffle! M'enfin, après 5h30, j'y parviens. Et chacun d'attendre l'apparition du Soleil. Ravissement multi-coloré qui fait vite oublier la nuit presque blanche!


Tente remballée, sac refait, descente entamée. Les beaux lacets de descente sont vite avalés. Dans la prairie, de nombreuses tentes, abritées, elles, du vent... Mais sans doute pas le même lever de Soleil... J'hésite à monter au Petit Veymont... Mais le poids du sac, une ampoule apparue... je préfère rester dans du plus débonnaire. 

Terrain de jeu pou le jour 2

Crête des Rochers du Prayet, avec marmottes et bouquetins. Arrivée au Pas des Bachassons. Et j'opte sur le sommet de Peyre Rouge, avec retour par le sommet de Montevilla, avant d'entamer la descente. Belle alternance de pelouses et chaos rocheux. Belles vues, aussi, sur les plateaux. Bouquetins un peu partout. 

vers Peyre Rouge
puis vers Montevilla
Grand et Petit Veymont

De retour au Pas des Bachassons, il est temps de penser à la descente. Un comité d'adieu me surplombe. Des névés plats occupent le pas, et un plus inquiétant pont de neige au-dessus du ruisseau. Ensuite, descente dans la caillasse, et aujourd'hui, les randonneurs croisés montent... 

Comité d'adieu

La forêt est la bienvenue... j'estime qu'elle pourrait abriter des sabots de Vénus, et c'est le cas! très régulièrement, quelques pieds, magnifiques. 

Vue arrière sur la descente

Pour le retour vers Gresse-en-Vercors, le parcours est alors une succession interminable de ravins à traverser, séparés par des sous-bois agréables. Jusqu'à une improbable sculpture naturelle... 

Sculpture naturelle dominant un ravin

Puis, c'est le côté interminable qui prend le dessus. J'en ai plein les pattes et surtout le dos. Mes épaules ne supportent plus le sac. J'avance difficilement, et je laisse la "Baraque du Veymont" pour un retour annoncé plus direct (discutable!) par la crête du Brisou, que je gagne à bout de force. Pique-nique réparateur, et descente la crête des Alleyrons qui ramène au point de départ. Ouf!


samedi 24 mai 2014

Lac de Belledonne

Belledonne et ses torrents
Quelques jours de vacances se profilent. Ce matin, je pars tardivement, après avoir beaucoup tergiversé la veille pour me lancer dans quelque chose. Départ à 7h30 de Lyon pour la Belledonne. Vue l'heure, et puis la fatigue, je n'envisage qu'un petit repérage vers Allemont, coin que je ne connais pas. On verra bien. 

Montée face aux Grandes Rousses

Il est presque 10h quand je lace mes chaussures au parking Coteyssard (1275m). A une heure pareille, je suis normalement déjà en haut. Bon. Il fait beau, plus que je ne m'y serais attendu, et le départ en face des Grandes Rousses, dans une forêt entaillée par les torrents, petits et grands (un peu plus),  met en jambes. Le lac de Belledonne est annoncé en 3h35. 


La grande traversée forestière est agréable et facile : on monte efficacement. C'est la zone du tétra-lyre... Un panneau sur un arbre nous invite à ne pas quitter le sentier pour ne pas le déranger. Seulement, le regardant en passant, je ne vois pas l'arbre suivant et son balisage. Je poursuis donc sur un sentier qui, au bout de quelques mètres, montre qu'il n'est plus entretenu, et finalement se dérobe sous mes pieds un peu plus loin. Diantre! Je me retrouve au milieu de nulle part. Ça tombe bien, je n'ai pas de carte. J'ai l'impression d'apercevoir une sente plus haut, je la rejoins, plutôt que de refaire 150m en arrière. Mais niet. En revanche, je tombe nez à nez avec quelques mouflons qui passaient par là.

Mouflons

Me voilà bien embarrassé, de toute façon j'ai perdu le sentier à l'abandon. Il faut monter, ça, c'est sûr. Mais je ne sais pas si le chemin poursuit la traversée au-dessus de moi, où s'il a changé de direction au moment où je l'ai perdu. Je poursuis la traversée, un peu, tant bien que mal, passant sur, sous, entre les arbres morts, dans des pentes assez glissantes et pénibles. Heureusement, je ne surprends pas de coq, ce qui ne suffit pas à prouver que je n'en ai pas dérangé. 

Pulsatille

Direction le Pas du Bessey
Au bout d'un moment, il devient évident que le sentier n'est pas au-dessus de moi, et je change donc de direction pour la fin de la montée. Après avoir traversé quelques névés, je vois du ciel bleu qui annonce une petite clairière : je tombe pile sur la cabane du Chazeau (1777m). Champs de pensées. Glaciers en face. 
Soldanelles

Après une petite pause, je me dirige vers le Pas du Bessey (2000m), que l'on gagne par une agréable traversée. De là, on peut contempler la dernière traversée avant le verrou à gravir pour atteindre le lac de Belledonne. En ce 23 mai, c'est encore bien enneigé, à partir de là. La traversée est un peu, et parfois très déversante. Même si la neige est molle, je ne suis pas mécontent d'avoir les crampons. Parce que, maintenant que je suis là, autant aller au lac.

Depuis le Pas de Bessey : la traversée jusqu'au verrou à remonter, en contrebas du Grand Pic

Lac de Belledonne
Traversée facile et vite avalée, en contemplant le cirque du Grand Charnier, et le Grand Pic de Belledonne. A sa gauche, le col de Belledonne, accès pour la Croix de Belledonne... Vu d'ici, c'est particulièrement impressionnant... Et même inaccessible en cette saison, avec ces grands bruits d'avalanche de neige et de roches, en cette saison. Mais, même en été, ça doit être une bavante.

Le Col
Le lac (2174m), encore gelé, laisse à voir quelques jolies couleurs, quand même. Ça valait la peine. Il est à peine 12h. Malgré mes déboires forestiers, j'ai mis moins de 2h pour monter, et ça tombe bien. Allez, un petit thé, une petite pause, et je redescends, profitant des névés pour dévaler facilement les pentes. Retour à 13h30. Il fallait ça pour lancer les vacances.

Lac de Belledonne


lundi 19 mai 2014

Les sabots de Sous-Dîne

Sous-Dîne en feu
C'est une sorte de pèlerinage, cette visite annuelle et printanière aux sabots de Sous-Dîne. Hier, j'ai contemplé les sabots du Granier. Le soir venu, l'arrivée aux Chenevriers est assez magique, avec Sous-Dîne en feu et le coucher de soleil par-delà le Salève

Soleil derrière le Salève

Le lendemain matin, départ à 6h30 tout feu tout flamme... ou presque. L'essoufflement arrive dès les 50 premiers mètres, très raides, incompatibles avec un départ tambour battant! Je ralentis donc, en restant sous les fameux 80%. La piste forestière... déjà décriée l'an dernier... est avalée, tranquillement. J'hésite, un peu, à prendre le Monthieu, pour une fois. Une autre fois! Et, alors que j'arrive à hauteur de l'épaule rocheuse qui se détache à l'ouest, je m'apprête à faire une halte dans le virage où je m'étais déjà arrêté les deux années précédentes... même si, cette fois-ci, je n'ai pas besoin de souffler. 

Ses amis le surnomment Lucky Luke

Surprise! 3 bouquetins occupent ma place, m'attendant vraisemblablement pour boire le thé. Ils sont là, de bon matin, descendus bien bas, pour profiter de la nourriture à disposition. Quelques-uns dans la pente herbeuse, et 3, donc, sur la piste. Un jeune finit par passer sous les barbelés pour rejoindre les autres. Il reste les deux vieux. Le premier se faufile aussi, malgré la gêne occasionnée par ses grandes cornes : pas facile de passer sous les barbelés! L'autre n'y arrive pas. Et il voudrait y arriver. Je lève le barbelé pour lui offrir un passage, mais non! il ne veut pas. Tête de mule, il s'obstine et... finit par y arriver tout seul. 



Faut prendre le Soleil
La journée commence bien. Me voici au Trou de la Pierre, avec quelques névés qui apparaissent, des champs de crocus... un sentier toujours aussi agréable. Puis, mon petit rocher à thé. Aujourd'hui, le Mont Blanc apparaît... Il sera bientôt débordé par les nuages. La Tournette est imposante. Les gentianes encore fermées. 

Je gagne, vite, le sommet, en voulant le gagner avant que la vue ne dégénère. Des marmottes profitent du Soleil matinal. Le ciel se couvre en effet assez vite et bouche petit à petit le panorama. 

Bientôt débordé par les nuages

Plateau de Sous-Dîne
De la croix, je gagne la pointe de Sous-Dîne, en tombant de nouveau sur quelques bouquetins, qui suivent le chemin opposé au mien. De la pointe, j'hésite à redescendre vers la grande piste qui semble amener vers Champ Laitier. C'est une trop grande et longue piste. Non. 


Terrasse, un peu d'air, et vue vers le Léman
Spectre de Brocken

Demi-tour, donc, et retour à la Croix, où je grignote à l'abri du vent et au bord de la falaise. Un peu de brume, un peu de soleil, un petit spectre de Brocken mais je n'ose m'avancer trop près de la falaise. Un bouquetin vient me rendre visite. Un chocard, aussi. Crocus, soldanelles, pensées, gentianes, partout...

Arche de neige

Rails et gouffre
Puis, je reprends ma route, de descente, tranquillement, dans les lapiaz toujours aussi beaux avec leurs méandres creusés par l'eau. Des gouffres donnent assez peu envie d'y tomber. 

Et, de retour au rocher à thé, 12 bouquetins m'attendent. Ceux de ce matin? Possible. Probable. En tout cas, ils remontent. 

On se retrouve

Ne reste plus qu'à glisser sur les névés et à finir le travail par la laborieuse piste...


Photos des bouquetins


Toutes les photos :

dimanche 13 avril 2014

La Grande Sure - explorations autour du Plateau

Quelle journée! Bon...

Accès
St Laurent du Pont
Départ de la Chartreuse en Curière (853m). Depuis St-Laurent du Pont, prendre la D520b en direction de St-Pierre-de-Chartreuse, et, 750m après la sortie du village, prendre la petite route forestière qui monte sur la droite, mène à la Chartreuse qu'on dépasse pour se garer quelques dizaines de mètres plus loin, avant la barrière. 

Itinéraire 
J'ai reporté ma visite à la Grande Sure il y a quelques jours pour un accès fermé au Col de Charmette. Le départ depuis St-Joseph de Rivière ne m'emballait pas plus que ça avec ses 1200m de dénivelé forestiers. Et je ne goûte que très peu la prise de risque supposée (et vérifiée par un accident mortel en début d'année) du Pas de la Miséricorde. Mais le départ depuis la Chartreuse de Curière présente l'intérêt d'économiser 300m de dénivelé forestier par rapport à St-Joseph. 

Vers le Goulet d'Hurtières

L'itinéraire présenté est en aller-retour par le Cul de Lampe, mais on gagnerait à mon avis à revenir par le Col de la Charmille et le sentier des Agneaux pour dessiner une jolie boucle. 

L'entonnoir de la Velouse

Du parking, prendre la large piste qui monte, serpentant un peu, jusqu'au Belvédère de Nonne (1198m). Là, la piste marque un virage presque en épingle et vire au sud-ouest. Le dénivelé devient alors quasiment indolore jusqu'à la Terrasse (1385m). Alors que la piste marque une nette descente, ne pas rater le petit balisage indiquant un sentier qui monte à flanc, sur la gauche. On arrive assez rapidement en sortie de forêt, dans une zone d'éboulis qu'une petite sente traverse tout à gauche : on arrive au Cul de lampe (quel nom). C'est parfois un peu étroit mais la courte vire n'impressionnera que les plus facilement impressionnables. On rejoint alors une forêt noire, le temps d'entrer sur le plateau. Là, monter à vue vers le Col de la Sure (1675m). Et prendre à droite le sentier qui monte, sans difficulté, vers la Grande Sure (1920m). Retour par le même itinéraire.

Le Soleil donne sur la Grande Sure

Soldanelles
Difficulté 
- environ 17km et 1000m de dénivelé
- pas de difficulté particulière

Jonquille responsable de l'escalade plein-O de la Grande Sure

Explorations, détours, et divagations
Parti à 5h20, la montée en forêt ne fut perturbée que par les multiples bonds et rebonds des cervidés alertés par mon passage. Et, par la carcasse d'un chamois éventré qui aura fait le bonheur de quelques renards, j'imagine... à moins que ce ne soit l'oeuvre d'un lynx, puisque je vois des lynx partout. 

Au-dessus des rochers d'Hurtières

Ouf!
J'arrive vers 7h au Col de la Sure, où je vérifie que les nuages avaient anéanti mes espoirs de lever de soleil au sommet. Il fait très froid avec un vent glacial. Bon... j'ai tout mon temps, du coup... Je décide de laisser le sommet pour le moment, et de faire un petit tour du plateau. Direction de le Goulet d'Hurtières (1702m), qui permet de redescendre vers le Col des Charmettes... Y a un zozo qui roucoule, impossible de le dénicher cependant. Puis, je descends dans l'Entonnoir : la Velouse (1508m). Il reste plus de neige que je ne l'aurais cru... il faut dire que c'est plateau encaissé. 

Spectre de Brocken

Eh bien il n'y a plus qu'à remonter au Col de la Sure pour faire la Grande Sure... Je sais que beaucoup la descendent par l'arête sud, j'hésite un peu à chercher un chemin pour monter par là... Mais non. Plus loin, des soldanelles (chouette), et une jonquille. A cause d'elle, je décide de monter directement au sommet. Je suis a priori quasiment plein est par rapport à lui. Ça m'a l'air tout à fait jouable. Ce ne sera pas une sinécure,  loin s'en faut, mais enfin, ça passe, la plupart du temps en s'aidant des mains. Pas mécontent quand même d'apercevoir la Croix. Un peu testé mes limites, là. 

Crocus et sommet

Irisations
Il est 9h20 quand je touche la Croix. Beaucoup de nuages, encore, mais aussi un peu de ciel bleu. J'ai le Soleil dans le dos, et la brume en contrebas : un spectre de Brocken! et hop! Magnifique. En revanche, il fait toujours aussi froid dès qu'on s'arrête et par ce vent. Des rochers vont m'abriter, et une petite sieste au soleil... Un petit pique-nique, puis, je réfléchis à l'itinéraire du retour. Je voulais faire la boucle en passant le Col de la Petite Vache et le Pas de la Biche pour rejoindre le point de départ par le Sentier des Agneaux

Vue sur le retour : Col de la Grande Vache, parcours de Crête, Col de la Petite Vache

Oh non!
Un petit coup d’œil me donne à voir, plutôt que le sentier normal, un parcours de crête sur le Mollard de la Grande Vache  (quel nom), entre les cols de la grande et de la petite vache. Il a l'air bien sympathique. 

C'est parti (11h30). La descente de la Grande Sure par le sentier est extrêmement facile comparé à mon itinéraire de montée... Col de la Sure... Col de la Grande Vache... la crête! fleurie... Au fait, des randonneurs sont arrivés par le Col de la Grande Vache (et donc, par le Col de la Charmette ??)... Quelques névés trahissent la présence de mouflons, et leurs empreintes larges. 

Vu d'ici, je la tenterais pas, la montée entre les deux couloirs de neige... Et pourtant!

Depuis la crête, je vise le Pas de la Biche, avant de descendre dans la forêt encore enneigée (très enneigée!). Je vise bien parce que je tombe à 50m en y allant Au Hasard Balthazar. Une biche a pris soin de baliser les 50m restants pour que je sache dans quelle direction aller, une fois au bord de la falaise : merci. 

Au sommet, enrobé de nuages au nord

Hélas! le Pas de la Biche est bien trop raide et enneigé. Je renonce. Et contourne la Petite Vache (1735m) pour atteindre son col (1643m). Mine de rien, il est presque 13h. Je commence à fatiguer, physiquement, et moralement, dans toutes ces recherches d'itinéraires, aussi. Et puis, en forêt, je redoutais particulièrement les ponts de neige, précisément redoutables. 

Au sommet

Enfin, allez, il n'y a plus qu'à gagner le Col des Charmilles, et à redescendre. En chemin, la pente se découvre par moments, et à d'autres est recouverte de plaques de neige qui ne demandent qu'à la dévaler, la pente. Je les contourne au maximum. Une marmotte me repère, m'annonce. Et puis... remontant un petit thalweg : un mouflon! Ah! Depuis le temps qu'ils m'échappaient, ceux-là! Il est magnifique. Mais il va disparaitre aussi vite. Pas le temps de l'immortaliser, tel Alain Finkielkraut (désolé pour la comparaison). J'attends, je cherche, je cherche... plus rien! Rencontre fugace, mais ça fait plaisir, quand même!

Au sommet : vers le sud, il fait plus beau, on devine le Vercors

Une avalanche récente me sépare du Col des Charmilles. J'en ai un peu ma claque des obstacles, j'ai eu mon compte aujourd'hui, je me laisse donc redescendre vers le Cul de Lampe (moult traces de mouflons dans les névés), et rentre tambour battant vers la Chartreuse de Curière. 

Vers Chamechaude

21 km environ et quasiment 1600m+ pour aujourd'hui, quand même.