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lundi 4 août 2014

Le Taillon en boucle par la vire d'Escuzana, le Pas des Isards et la Brèche de Roland

Au départ, l'objectif

Du lourd! Au-dessus c'est l'soleil! Certainement ma plus belle rando à ce jour.








La vidéo - toutes les photos avec Sigur Ros

Le topo - description de l'itinéraire

  • Carte : espagnole "Monte Perdido Gavarnie" 1:25000
  • Distance : environ 25km 
  • Dénivelé : environ 1800m 
  • Difficulté : plusieurs passages sont difficiles (cf. topo) et peuvent s'avérer insurmontables dans certaines conditions (météo, manque d'équipement, manque d'expérience montagnarde, de condition physique, vertige) ; certains tronçons décrits sont hors sentier ou sur des sentes très discrètes, nécessitant de savoir utiliser carte/boussole.
  • Equipement : selon les conditions et la saison, la quincaillerie non utilisée lors de notre sortie pourra s'avérer bien utile voire indispensable : piolet, crampons, casque, corde
  • Bivouac : il y a de nombreuses grottes sur le parcours, abris extrêmement utiles en cas de temps orageux. 
Ambiance matinale


Jour 1 - Col des Tentes => Aguas Tuertas par la vire Escuzana



Début de sente escarpé
Départ du Col des Tentes (2208m). Prendre la piste goudronnée qui poursuit la route et arriver rapidement et facilement au Port de Boucharo (2270m). Laisser le sentier qui part vers l'est en traversée vers le refuge des Sarradets, ce sera le chemin du retour. Laisser aussi le GRT30 qui descend sur l'autre versant, mais prendre sud-ouest une petite sente, pas bien marquée au départ du col, qui demande quelques petits pas d'escalade facile avant de devenir bien débonnaire en traversée sous les Pics de Gabieto. On atteint alors un vallon que l'on remonte pour gagner "Forqueta de Gabieto" (2515m), marqué par une petite brèche spectaculaire. Vue sur la vire d'Escuzana, impressionnante. 

Forqueta de Gabieto - vue sur la vire d'Escuzana

Fond de vallon - orange du grès, gris du calcaire
Ne pas tenter de descendre plein sud mais passer à gauche (cairns) de la brèche et traverser dans la pente rocheuse. Le passage demande de l'attention, et de poser les mains de temps à autres, mais reste facile. On remonte alors un vallon exceptionnel pour le partage des couleurs en grès orangé et calcaire gris. Du fond du vallon, l'itinéraire pour gagner la vire d'Escuzana est évident et bien visible. L'emprunter. La vire est impressionnante, mais toujours assez large, son parcours est facile et magnifique. La vire se termine par une petite escalade, facile également.

"Vallon des Isards"
De la sortie de la vire, repérer le col (Collado Mondarruego, 2729m) et le gagner à vue dans un pierrier bien stable. Quelques cairns mènent sur une sente. L'aller-retour au sommet du Mondarruego (2847m) vaut assurément le coup en cas de temps bien dégagé. Sinon, redescendre versant est. On suit d'abord une sente dans le pierrier qui se perd un peu en arrivant sur une zone de lapiaz. Parcourir avec prudence ce magnifique lapiaz et le contourner finalement par le sud pour gagner un superbe vallon où les isards semblent avoir établi leur camp. 

Plateaux successifs à remonter le lendemain
Chercher le meilleur itinéraire pour descendre facilement de ce vallon perché, et gagner ensuite, vers le sud, le plan marécageux Aguas Tuertas (2325m), bordé de falaises formant quelques grottes bien utiles pour un bivouac orageux... Après avoir posé la tente, un aller-retour vers le sud en surplomb du canyon d'Ordesa s'impose. La butte perchée (Tozal del Mallo, 2255m) donne envie de lui rendre visite, à l'ouest. Et vers l'est, les falaises laissent entrevoir la "vire des fleurs", exceptionnelle, mais plus étroite que la vire d'Escuzana : ne s'y engager qu'en étant sûr de son pied, car la chute est ici fatale. Revenir au bivouac.


Jour 2 - Aguas Tuertas => Col des Tentes par la Brèche de Roland

Llanos de Salarons

Regard arrière en remontant
Remonter les plateaux successifs qui nous amènent au nord au Collado de Salarons (2440m), marqué d'un immense cairn. La vue sur le Llanos de Salarons o de La Catuarta (un Espagnol dans le coin?) sous les Gabieto et le Taillon est saisissante. Prendre plein est, à travers les lapiaz puis remonter, en sortie du "Llanos" vers le Cuello de Catuarta (vers 2550m). Et redescendre ensuite légèrement vers la Plana de Narciso (vers 2405m) en n'hésitant pas à traîner sur la droite, pour profiter pleinement de la vue sur le canyon d'Ordesa. Après avoir traversé la Plana de Narciso, remonter dans les schistes au Cuello de los Carabineros (2500m). 

L'un des plans

Prendre alors au nord, dré-dans-l'pentu puis sur une sente en lacets qui contourne par l'ouest un pic sans nom, qui abrite la Grotte de Casteret, que l'on atteint par quelques pas d'escalade très facile, mais que l'on quitte plus difficilement au nord, le long de la paroi, par une désescalade plus ardue sur de la roche glissante et mouillée. Remonter ensuite, plein nord, en cherchant son itinéraire parmi les blocs rocheux et les névés que l'on traverse avec prudence : zone calcaire où les trous voire les gouffres sont nombreux. 

Grotte Casteret

La Brèche de Roland (2807m) est bien visible depuis un moment, mais protégée par de raides éboulis. On les contourne en se dirigeant contre la paroi, jusqu'au Pas des Isards, le bien nommé! Un chaîne en facilite, ou tout simplement en rend possible le passage pour les bipèdes. Ne surtout pas la lâcher! Puis, passer entre la paroi et un imposant névé, avant de sortir sur une sente plus large et rassurante jusqu'à la Brèche, où le vent souffle!

Brèche de Roland et le Taillon

Poser les sacs, et parcourir les 350m de dénivelé pour atteindre par un superbe parcours de crête le Taillon (3144m). Redescendre à la Brèche. La vue sur le Casque (3006m) est saisissante. Le Casque que l'on peut ajouter au parcours, une fois arrivé au Pas des Isards, on longe la falaise vers la droite plutôt que de remonter vers la Brèche de Roland (itinéraire non testé), et s'offrir deux "3000" sur la même journée.

Montée à la brèche

Descendre de la Brèche vers le Refuge des Sarradets (vers 2650m). Beaucoup de monde. Le risque d'envoyer ou de recevoir de la caillasse est important, faire attention. Le reste du Glacier de la Brèche se franchit facilement, très emprunté. La prudence est toutefois de mise sur les 50 premiers mètres, où une glissade sur cette raide pente amènerait sur des rochers qui font mal rien que d'y penser.

Pas des Isards

Du Refuge, prendre à l'ouest le sentier qui ramène au Port de Boucharo. il traverse quelques névés exposés, puis une cascade, équipée d'une chaîne par forcément utile selon le débit, qui demande de l'attention pour la franchir. Ensuite, il n'y a plus qu'à terminer la boucle par une longue traversée presque plate jusqu'au Port de Boucharo, puis à reprendre la piste menant au Col des Tentes.

Vue plongeante sur le Pas des Isards


La sortie - le 2 et 3 août 2014

Robespierre avait confié la célébration de l'Etre Suprême (quelle idée) à David qui, raconte-t-on, confondait la grandeur et le grandiose, rendant cette Fête quelque peu ridicule. Les Pyrénées, elles, ne les confondent pas, elle les rendent synonymes. Grand et grandiose

Un peu surfait la "Brèche de Roland"

Arrivée le vendredi soir à Gavarnie, sous l'orage de grêle qui a débuté à Lourdes. Hum! Office du Tourisme... avis météo pour le week-end... averses orageuses... sommets pris... coups de tonnerre et rafales... ça s'annonce mal! Le samedi matin, difficile d'être optimiste. Pourtant, après un petit-déjeuner chez l'épicier sympathique et néanmoins spécialiste international de l'utilisation de la chaux dans l'histoire (ça ne s'invente pas), un petit coin de ciel bleu apparaît. On tente? Direction le Col des Tentes

Après l'orage

Arrivés là-haut, le temps laisse entrevoir une journée meilleure que celle annoncée, en effet. Allez! En route! Et c'est le cas de le dire, puisqu'on débute sur du goudron... Bon. Quelques minutes plus tard, nous voici au Port de Boucharo, où on s'amuse un peu à chercher la sente, quelques pierres dévalent ici et là. Sous les Gabieto, on entend : "Isards!"... Les premiers... La montée est tranquille jusqu'à la brèche de "Forqueta de Gabieto" où la vue sur la suite du parcours - la vire d'Escuzana - nous impressionne. Ca parait impossible, de passer là-dedans dans ces falaises... En avant...

La "vire des fleurs" - ah ouais...

Le parcours de cette vire restera dans les mémoires, et la brume qui vient accentue le côté irréel... Pique nique au col au-dessus, dans la brume, on n'y voit rien! La descente dans le pierrier se fait bien, jusqu'à une zone de lapiaz, calcaire taillé sculpté par l'eau, ludique à parcourir et à descendre côté sud, où nous trouvons un vallon fort sympathique. "Isards!" Ils s'enfuient... Nous descendons le vallon, nous rendant progressivement compte que les isards sont très nombreux, et manifestement chez eux. Très peu craintifs, ils s'éloignent, un peu, mais vaquent à leurs occupations. Nous marchons parmi eux! Grand moment. 

Aguas Tuertas

L'endroit semble parfait pour le bivouac, mais nous voulons aller voir le canyon d'Ordesa... Nous restons donc sur notre idée de bivouaquer à Aguas Tuertas. Riche idée! A peine y arrivons-nous, que la pluie s'invite. Nous cherchons une grotte hospitalière et montons les tentes en quatrième vitesse, avant l'orage, premier du nom, que nous contemplons depuis notre abri. Le Taillon blanchit, recouvert de grêle. A la fin de l'orage, nous tentons une percée vers le canyon. Et hop! Orage II. Nous battons en retraite, comme Roland jadis, mais sans les Sarrasins pour nous assaillir. La pluie suffit. Bon. Plus tard, nous tenterons une seconde percée, plus réussie, en repérage pour le lendemain de la "vire des fleurs", qui rebute certains d'entre nous dans ces conditions climatiques. Elle fait rêver, mais il faut savoir renoncer. 

Réveil
Longue nuit, bien arrosée, et réveil un peu lent le dimanche. Nous reprenons la route à 9h seulement (ça nous coûtera le Casque). Remonter les plateaux successifs est un émerveillement, tout comme le parcours des plans et plaines en surplomb éloigné du Canyon d'Ordesa et sous l'arête du Taillon, où nous observons le petit train des randonneurs. Ce sont les premiers homo sapiens sapiens (au moins ça, voire sapiens sapiens sapiens) que nous voyons de notre parcours! D'un col l'autre, d'un plan l'autre, le temps passe, et nous sommes survolés par 6 vautours.

Nous irons pique-niquer à la grotte de Casteret, abri un peu frais au final, et lieu de résidence manifeste des chocards, qui viennent nous voler notre pain. La grotte est défendue par un raide névé infranchissable. Si l'accès sud est facile, la sortie nord promet des moments plus épiques. La roche est glissante, mouillée, les pas sont hauts : la désescalade est ardue, en tout cas pour moi qui n'aime pas ça! 

Ruisseau et linaigrettes

Parcours ensuite chaotique et lunaire jusqu'au Pas des Isards qui donne quelques sueurs froides. La chaîne tient bien! et heureusement... Mais je ne fais pas le malin et perds tout mon influx nerveux... A la Brèche, je souffle, presque aussi fort que le Vent de l'histoire. Il avait une sacrée épée, le Roland, pour tailler un tel bout de caillasse! 

Le Casque en montant au Taillon

Nous avions d'ores-et-déjà renoncé au Casque, vu l'heure. Pas question de laisser passer le Taillon. Sacs posés, et les jambes à son cou, sur l'arête, pour monter en 20 minutes au sommet. La vue se bouche, et se dégage, d'un instant l'autre. Le vent est violent, et un abri de quelques pierres superposées l'annihile totalement! Après quelques minutes, nous redescendons à la Brèche, puis, terminons la boucle en passant la cascade du Taillon. 

Bientôt au Taillon

Mémorable.


samedi 19 juillet 2014

Le Taillefer en boucle

Le Taillefer... j'en ai envie depuis un moment, mais je ne l'ai jamais fait passer en haut de la pile. Cette fois, j'y suis. 

Départ matinal
Départ à 6h ce matin de Combe Oursière (vers 1680m) où le GR 50 m'amène depuis le lac de Poursollet, avec l'intention de faire une jolie boucle. Il devrait faire beau. Mais un vent épouvantable souffle déjà. Raide montée au royaume des mouches et moustiques, déjà au taquet, avant un replat au pays des coqs. Dans les landes de rhodos et myrtilles, les lacets sont plus faciles, et, de temps à autre, une bestiole s'envole. Je suis incapable hélas de les immortaliser, et plus encore de les identifier, sachant que sont présents sur le site tétra-lyre, grand tétra, lagopède, perdrix bartavelle, selon un panneau à Combe Oursière... 

Lys martagon

Un randonneur plus matinal encore
Bon. Je double un randonneur. Le vent redouble. La montée vent de face, c'est terrible. Mais le lac du Brouffet fini par se dévoiler dans un joli cirque où j'avais initialement prévu de bivouaquer. On le laisse pour faire le tour du cirque par le haut. Un autre randonneur me précède! décidément... je le rejoins plus tard au Pas de la Mine (vers 2450m). Manifestement habitué, il se plaint qu'on ne voit rien, aujourd'hui... Pourtant, j'ai pu jouer à cache-cache avec une toute jeune hermine, elle aussi trop furtive, et puis deux chamois déjeunent en contrebas...

Orchis vanille - nigritelle

Il repart pour l'arête menant au Petit Taillefer. Je prends un petit déjeuner. Je m'inquiète un peu du parcours sur l'arête avec un vent si violent. Mais allons-y... L'arête est très jolie, aérienne mais jamais vraiment exposée, donc tout à fait rassurante et ludique. On peut chercher son itinéraire sur le fil, entre les blocs rocheux, et parfois passer plus en contrebas pour plus de sécurité... 

Croix Pinelli devant Belledonne
Une croix... Un certain Jean Pinelli, sergent de son état, qui a du périr ici... Belledonne en face commence à bien flamboyer. Le vent redouble encore. Les nuages s'accumulent sur le Trièves et le Vercors, et commencent à se rapprocher. Il ne devrait pas pleuvoir... Mais... 

Regard arrière sur l'arête, sur fond de Vercors. Le temps se gâte!

Je poursuis l'arête jusqu'au Petit Taillefer (2696m). Là, mon prédécesseur a tout simplement disparu. Étrange. On redescend un peu, avant d'attaquer un gros névé facile et rassurant. 

Regard sur la belle arête. Le Petit Taillefer

Montée à l'extrémité sud du Rocher Culasson
Avant de monter au Taillefer, je devine des cairns remontant les pentes du Rocher Culasson (2792m). C'est parti. La roche n'est pas très stable, le vent redouble encore, mais je parviens au sommet, où la vue est étonnante, mais les conditions sont dantesques. Il va pleuvoir. Vite! aller au Taillefer, et redescendre vers le plateau des lacs avant la pluie. 

En face, le Taillefer
Belledonne au Soleil

Beaucoup de rouge-fer
Je galope dans ces pierriers rouges : il y a du fer dans le coin, d'où le nom... Et j'arrive très vite au sommet où Saint Eloi (2857m), le patron des forgerons, évidemment, nous attend. M'attend! parce que ce sommet est très fréquenté, mais j'y suis seul. Ouf! Petit tour d'horizon : Belledonne, Grandes Rousses, Aiguilles d'Arves, Ecrins (la Barre est superbe!)... Le Vercors semble vivre l'apocalypse, et elle se rapproche. Un œil sur l'itinéraire de descente vers le plateau des lacs... 

Saint Eloi et les Écrins
Mais côté Vercors... 
Vue sur les Écrins
Plateau des lacs

C'est raide et pas très bien stabilisé, il y a quelques névés, et une barre rocheuse à désescalader (facile), puis une deuxième barre rocheuse, elle un peu plus difficile et débouchant sur un névé très raide et peu avenant... On peut éviter tout ça en se rapprochant de la paroi du Rocher Culasson. 

Lac Culasson

Là, je commence à trouver pas mal de monde. Je vais donc hors sentier, enfin sur un GR de marmotte, qui se cache dès que j'arrive. Et je vais parcourir un à un les nombreux lacs du plateau. La pluie ne semble plus d'actualité. Pique nique au bord du lac de l'agneau, après avoir traversé pieds nus le ruisseau : ça réveille! 

Lac
Torrent de l'Hystoire
Lac de l'Agneau, pique-nique. Vue sur la descente par la Combe Nord entre Taillefer à gauche, Culasson à droite

Puis, toujours hors sentier, direction le lac Canard, en passant par moult gouilles, et quelques barres à désescalader encore. Et je reviens vers le plus grand des lacs, le lac Fourchu, peuplé de part en part de randonneurs et randonneuses. 

Lac Canard

Au lac Canard... Tout ça à monter pour le Taillefer! faut être fou...

Descente rapide vers le lac du Poursollet, accessible en voiture, et le plus moche de tous les lacs vus aujourd'hui. Je croise un randonneur en chemin qui a fait la boucle en sens inverse et que j'avais déjà croisé en descendant du Taillefer. 

Lac Claret

Un dernier lac, magnifique, le lac Claret m'héberge le temps d'attendre que le Tour de France laisse la route libre, dans la vallée. Et retour à la maison. Côté fleurs : quelques lys martagons, et quelques nigritelles, notamment...


Toutes les photos : 



dimanche 13 juillet 2014

Chercher son chemin vers Chamechaude

Myosotis bicolores
Cette nuit, toute la nuit, il est annoncé une bonne pluie. Pas tellement envie, dans ces conditions, de la passer sous la tente et je reporte une nouvelle fois le Pic du Mas de la Grave, qui peut se faire en une journée, mais je préfère passer 2 jours à travers le Plateau d'Emparis. Revirement... Du coup, je choisis un petit objectif pour aujourd'hui, et un plus conséquent pour demain où le temps devrait être meilleur. A condition de se motiver.

L'objectif au départ

Direction le Col de Porte (1326m) pour grimper à Chamechaude, point culminant avec 2082m de la Chartreuse. Il n'y fait pas chaud ce matin, mais son nom veut dire rocher chauve, ce qui est mérité. Au départ, je sais : 
- qu'il y a une "voie normale" facile
- qu'il y a des itinéraires d'accès beaucoup plus difficiles et intéressants, mais dont je n'ai pas bien étudié les parcours... Le Jardin... La Brèche Arnaud... Ou les deux... Liste d'itinéraires possibles... Le Pas du Lapin...

Ton sur ton

De plus, il a plu, c'est détrempé, et on ne va pas tenter le diable. Je prends le chemin vers la Cabane des Bachassons (1526m si je me souviens bien). Regard sur la carte. Regard vers le ciel. Ça titille d'aller voir l'itinéraire du Jardin. Mais, je me le répète, c'est détrempé, et j'entre dans une purée du pois, on n'y voit pas grand chose. Allez, ça servira de repérage.

Lys de Saint-Bruno, humides

Direction le Habert de Chamechaude (1570m), par un petit sentier en sous-bois agréable mais glissant dans ces conditions. Arrive une barrière à moutons. Peu après, en levant la tête, je trouve au milieu de la brume une arche. J'ai envie d'aller la voir, je remonte la pente herbeuse et tombe sur une sente... que j'emprunte et me mène droit au pied des falaises. Adieu le Habert...

L'Arche
Dessous
De l'autre côté, avec Raymond au fond qui se repose

Sangle des moutons
Je crois avoir lu Antoine Salvi décrire cet itinéraire (en vidéo), d'ailleurs signalé en pointillé sur la carte IGN. Bon, allez! Mais la brume épaisse s'épaissit toujours plus. Drôle d'ambiance sous la falaise, dans les grottes où les moutons s'abritent... 

Quelle ambiance!
Très festif!
Le parcours sur cette vire est assez facile, mais à condition de bien rester contre la falaise, parce que les moutons ont tracé une multitude de sentes en contrebas, qui débouchent souvent sur des obstacles qui rebuteraient beaucoup de bipèdes.

Bon. Demi-tour.
J'arrive à une sorte de brèche dans la falaise, au moment où le temps se dégrade plus encore. Je décide de faire demi-tour. En revenant, je remarque un cairn, non loin de l'arche de tout à l'heure, avec semble-t-il un itinéraire de montée possible (ça amène visiblement au "Pas de l'Arche" et à la "Rampe de l'écureuil"). Une petite escalade... mais une plus grande me rebute, ne sachant pas ce que je vais trouver derrière, je n'ai pas envie de m'amuser à désescalader ce passage un peu exposé. 

départ pour un autre itinéraire?
Bon, je préfère revenir...

J'ai l'impression qu'il y a une multitude de possibilités pour gagner ce sommet. Et toutes plus intéressantes les unes que les autres, au contraire de la voie normale, facile, et véritable autoroute!! Personne quand je monte, si ce n'est deux trailers que j'accompagne, mais alors à la descente!

Oh du ciel bleu...

Bon, retour à la cabane des Bachassons. Et montée par la voie normale, donc. Arrivée rapide à un rocher bien étrange nommé la Folatière (1743m). Ici, une sente semble partir derrière le rocher... J'hésite un peu. Allez de toute façon je reviendrai, dans de meilleures conditions météo. Hop! Hop! Hop! les lacets vers la crête. En montant, un chamois, des myosotis bicolores, et le Soleil perce!

Arrivée à la Folatière
Étrange rocher
C'est là-haut
Bientôt l'arrivée au sommet, penché


Arrivé sur la crête, la vue est totalement bouchée. Montée, quand même, au sommet, par le court et facile passage câblé. Je longe un peu la crête. Un cairn indique le départ d'un sangle "impossible". Plus loin, des chamois se reposent. Pour ne pas les déranger, j'arrête là mes recherches. Et je redescends, tranquillement. 

Chamois
Et ça, ça se remonterait pas, par hasard?

J'ai besoin, je crois, de trouver ma voie.