Le temps est encore bien incertain, mais le Soleil doit rester là pour la matinée, alors il y a petit créneau pour aller au-dessus dans la montagne la neige. Traces de neige à partir de 1000m, bon saupoudrage à partir de 1300m.
Au départ, le Granier
Sous le Mont Outheran à observer les chamois
Pas encore coché la Pointe de la Cochette, en face et sous le Mont Outheran. C'est idéal pour aujourd'hui. Cheminement tranquille, avec pas mal de traces croisées dans la neige fraîche : des chevreuils. Et puis, plus loin, probablement les pas d'une hermine venue se réfugier sous un tas de bois, elle y est venue, en fait le tour en long en large en travers et?
Petit belvédère
De la prairie, nous observons aux jumelles les chamois dans les vires du Mont Outheran. Le temps se couvre petit à petit et nous gagnons le sommet dans le froid et le repas est augmenté de quelques petits flocons.
Pointe de la Cochette
Entremonts glacés
Sans traîner, nous faisons marche arrière. Je me fais plaisir en dévalant un joli mur enneigé et m'arrête dans la prairie pour observer. Et paf! Renard! en plein milieu. Il nous repère mais nous sommes loin. Alors il reprend, il est au mulotage. Un seul bond, mais bredouille, ou plutôt brocouille comme on dit dans le bouchonois. Il repart ensuite, bien tranquillement. Voilà une belle surprise.
On en apprend parfois de bien bonnes. Y parait que les écologistes organisent des lâchers de vipères par hélicoptère. Y parait... mais y parait vraiment : la rumeur fait le serpent de mer et resurgit tous les quatre matins. C'est du sérieux. Apparemment, en Slovaquie, ils équipent les vipères de petits parachutes pour leur faciliter l'atterrissage. Et l'on comprend que l'extrémisme de ces gens de l'Est ne mène à rien.
Écologistes s'apprêtant à lâcher des vipères
Enfin voilà. Pas relâché ce week-end la moindre vipère, mais appris à manipuler et contenir les serpents et autres bestioles sauvages et donc à ce (juste) titre détestées et combattues par l'homme moderne et raisonnable. Le premier bison sauvage aperçu en Allemagne depuis deux siècles ? PAN!
Contrairement à l'homme rationnel, je pense qu'on pense avec les pieds. Ce qui accable ces abrutis de serpents qui s'en sont débarrassés, de leurs pieds. Regardez-moi ce serpent des blés : a-t-il seulement l'air de connaître Voltaire ou Bernard-Henri Lévy?
Serpent des blés
Evidemment pas! Au moins a-t-il l'avantage d'être américain, et donc tout à la fois spécialiste des droits de l'homme, de la science et de la modernité. D'autres sont beaucoup plus balourds, moins fins, moins subtils, on sent qu'on a besoin de leur apprendre la démocratie à coup d'agent orange, enfin y a un truc qui va pas : le python birman est de ceux-là. 25 kg le machin! Faut pouvoir le porter.
Python birman
Je passe sur les tortues, varans et caïmans, qui sont de véritables antiquités qui ne comprendraient vraiment rien à rien.
Tortue alligator
Tortue serpentine
Caïman
Varan
Et puis il y a les oiseaux. Il a déjà assez été répété que les oiseaux sont des cons. Ils ont des pieds ils s'en servent pas. Et c'est par les pattes, par les tarses qu'il faut les attraper. D'abord la buse : c'est tout de même impressionnant. Mais quand vient le Grand-Duc, on en arrive à devenir aristocratolâtre. Majesté! Impressionnante bestiole. Il a des cutters monstrueux au bout des doigts. Et pourtant quelle fragilité. Il suffit que ses plumes soient un tantinet abîmées, qu'il fasse donc du bruit en volant, et il n'attrapera plus jamais personne pour se nourrir. Il n'a jamais appris avec les philosophes à aller se nourrir à Auchan.
Ah! l'automne... Et paf! quelques grammes de néo-romantisme pour le prix de 3 kg de débouche-évier :
Pécloz
Ces choses-là ayant été dites, l'automne reste la saison des couleurs et des amoureux de la nature. Ceux de la semaine dernière. Mais encore de cette semaine! qui rivalisent de gentilles affiches pour nous souhaiter une belle journée nature. Le Ricard, sans doute, est naturel, mais je suis plus dubitatif pour les 4*4 et les fusils. Enfin, si on parvient à éviter les balles, la journée s'annonce belle.
Trélod
Magnifique
Trélod, Arcalod, Tré-le-Mollard, Mont de la Coche, Encerclement
Jamais parcouru le vallon d'Arclusaz... Souvent préféré aller au Pécloz, ou vers Orgeval. Innovation pour aujourd'hui. La randonnée est longue (3h30 annoncées pour le Col d'Arclusaz) mais débonnaire, d'abord en forêt arlequin, puis dans le vallon où les vaches sont encore bien.
Arrivée dans le vallon
Les accès Est pour la Croix semblent bien raides, mais appellent! ce sera pour une autre fois. D'autres qui appellent : la Pointe des Arlicots, et le Grand Parra qui a l'air bien bien ardu!
Secteur Arlicots - Grand Parra
Arrivés au Col, je grimpe vite fait sur le Chapeau de Napoléon. Un faucon profite des falaises. Belle vue sur les Aiguilles d'Arves et la Meije. La Grande Casse dépasse. Le fond du Grésivaudan est embrumé.
Dent d'Arclusaz
Vers les Aiguilles d'Arves
Sur le Chapeau de Napoléon
Col d'Arclusaz
Il fait chaud. Et hop! le saucisson au Beaufort fabriqué en Corrèze. Pourquoi pas? Tout est permis. Pour m'en remettre, je prend la sente qui mène vers les crêtes en direction de la Croix, pour repérage. Je m'arrête parce que sinon je finis là-haut. Et là, on rentre.
Elle était où la montagne ? Ce matin encore, j'ai bien
cru la rater, avec la pluie au réveil. Je pars quand même, et le temps de
m'affairer à droite à gauche, le ciel se dégage et donne même un ciel tout
bleu. Regonflé !
Bellecombe - automne
Je mange tôt, et pars pour Pré Orcel, c'est juste à côté et
on est vite là-haut. Au début de la piste forestière, des amoureux de la nature
sont à deux doigts de me balancer dans le fossé. Enfin des amoureux de la
nature : je n'en sais rien !... je devine subodore imagine! Monstrueux pick-up, rempli
de cages dans lesquelles sont enfermés des chiens les uns sur les autres, ça ne
peut être que ça ! En plus, ils avaient des gilets orange, c'est à ça
qu'on les reconnaît !... ils mettent ça pour éviter que d'autres amoureux
de la nature ne leur tirent dessus. L'amour vache, sans doute.
Enfin bref, je suis content, je ne risque pas de prendre une
balle. Y en a un autre qu'il est tout content et il gambade et il fanfaronne
sur la piste, c'est le chevreuil tout beau tout jeune, et qui finit par dévaler
la pente. En voilà toujours un qui ne finira pas dans la panse expansée de son
amoureux... du moins pas aujourd'hui.
Sur le sangle inférieur, aiguille effilée
Là-haut le sangle des belles ombres, au pied des falaises
Ce pensant, j'arrive à Pré Orcel à 12h30. Tout le chemin
durant, ce n'était qu'une farandole de couleurs. Et paf !... le rouge. Et
bim !... le jaune. Tout y passe. Les fayards on fire ! Les hêtres en
feu.
Mont Blanc
Être en feu ! Qu'il s'anéantisse celui qui ne connaît
pas cette flamme. Quelle inspiration ces montagnes si différentes au fil des
saisons ! Ça me fait presque autant de bien qu'une chanson de comment
s'appelle ? Vianney ? Disons plutôt ceci :
Ça fait longtemps que je n'ai pas avalé le moindre dénivelé.
Je n'arrête pas de me dire d'y aller doucement et c'est pourquoi je fonce. Même
pas eu le temps de voir la cabane de l'Allier, pan ! le sentier vers le
Col des belles ombres.
Rocher des Griffes de l'Ours
Pourquoi tant de haine?
Là, je m'arrête. Le Mont Blanc est superbe : terminées
les brumes estivales qui donnent une mélasse indigeste. La lumière redevient
belle, et le Blanc lave plus blanc. Bon... je voulais voir des animaux. Mais le
sangle inférieur, vers le Rocher aux griffes d'ours, m'appelle avec la force de
l'inconnu.
Sur le Rocher - Belledonne
Alors c'est parti. Personne ! Plaisir de ne croiser
personne. Personne mais le sangle est emprunté : par des bipèdes, mais
aussi par toutes sortes de quadrupèdes. Des herbivores en veux-tu en voilà,
mais, ce qui m'intéresse davantage, du renard et du mustélidé. Ce n'est pas la
bonne heure, mais j'espère quand même...
Falaises
Sur le Rocher - vers les Bauges
Je vais prendre le dessert au rocher des griffes de
l'ours : sacrées griffes le bonhomme ! Vue sur Chapa, Belledonne est
aux prises avec les cumulus, le Mont Blanc s'efface, et les falaises dans mon
dos sont superbes. Des voix sur le sangle des belles ombres, au-dessus.
Allez : retour, on passe là-dedans
Sieste vraiment méritée? n'aurait-il pas refusé au moins 2 offres du Pôle Emploi?
Vers 14h, je finis par repartir, en m'offrant une petite
pause ayant aperçu un chamois qui lui ne se serait jamais privé de la prendre.
Et je dévale ! Ça me manquait...