Le temps ne s'annonce pas superbe, mais a priori sans pluie... une sortie quand même ? J'opte pour les Bauges, je pointe Chaurionde.
Départ du Nant Fourchu (996m), et la montée en forêt fait remonter quelques souvenirs, quand nous étions allés jusqu'au Col d'Orgeval. L'automne sonne déjà...
Les cloches annoncent la sortie du bois. Marguerite m'accueillent.
La brume qui semblait se dissiper, retombe de nouveau, et bouche la vue à mon arrivée aux alpages d'Orgeval, mais par intermittence seulement, laissant parfois apparaître les chalets, voire le Col qui les surplombe, et surtout des arbres jaunes, verts, saisis par les rayons matinaux. C'est très joli.
Alpages d'Orgeval
Après 1h de marche, une pause aux chalets d'Orgeval (1603m), déserts. Plus haut, descendant sur le Col d'Orgeval, un troupeau de biquettes, escortées par leur patou qui aboie fort. J'attends tranquillement qu'ils libèrent le passage et s'éloignent du chemin, avant de reprendre ma route... Le col (1732m) est vite atteint. La vue est très largement voire totalement bouchée. Vers Chaurionde, on ne voit rien. Vers Arcalod, c'est plus dégagé. Un bruit de pierre? je repère un troupeau de chamois aux jumelles, au pied du pierrier de l'Arcalod. J'emprunte le sentier y menant pour me rapprocher d'eux.
quelques chamois sous l'Arcalod
Alors, hésitations ! et pourquoi ne pas faire l'Arcalod avant Chaurionde ? Seulement, le terrain est glissant avec les pluies de ces derniers jours, et les dalles rocheuses de l'Arcalod ne me tentent pas plus que ça dans ces conditions... J'attendrai un autre jour, plus sec, pour le sommet des Bauges.
Je redescends donc au Col d'Orgeval ou 3 randonneurs arrivent. Ils hésitent aussi à faire l'Arcalod, mais eux décident d'y aller. Bon. Moi, je file vers Chaurionde, et le brouillard le plus épais. La montée est d'abord facile, malgré un panneau signalant un terrain dangereux (?). Puis, vers 1950m, on atteint une crête étroite qui doit être bien agréable par beau temps. Aujourd'hui, je ne vois que la structure rocheuse d'un côté, et la raide pente herbeuse de l'autre.
sur la crête vers Chaurionde
A un moment donné, je ne peux plus monter, je dois donc être arrivé, ça tombe bien, je commençais à pester de monter sans rien voir. Et en effet, la Croix est par terre. Dieu est mort. L'Enfer, c'est le froid. Le sachant, j'avais prévu les gants et la grosse polaire, qui ne sont pas de trop. Encore quelques bruits de pierre, j'attends que la brume se lève, et je vois une autre troupe de chamois, dans les jolies ravines qui descendent de Chaurionde.
Dieu est mort
J'en profite pour voir (c'est quand même plus rassurant) la crête du retour. Après le repas, après le thé, je reprends la route, en descendant la crête vers le col du Drison. D'abord vers le sud, puis le sud-est. A peine parti, un autre patou s'énerve. Je suppose qu'il s'appelle Jean-Michel, ou Bernard-Henri, ou Frédéric, ou Claude, enfin, un bon chien de garde quoi. Je ne vois rien, de nouveau. Je m'en vais donc sans trop savoir où il est, avant de comprendre qu'il chassait les chamois 200m plus bas. Ils courent vers l'autre versant de Chaurionde. Moi aussi, mais ils vont plus vite, les bougres. Je les reverrai plus tard.
le retour, c'est cette crête
descente
Au Col de Drison, c'est Balthazar que je trouve, il est au chalet en bas, stoïque. Puis, c'est d'un talweg l'autre pour le retour au Nant Fourchu, pour un parcours bien long, voire longuet, dans la forêt.
Balthazar
quelques knauties, encore... souvent habitées par des abeilles à bout de force
Petite incursion dans le Beaujolais. C'est une première. Difficile de se motiver aujourd'hui, mais enfin, m'enfin! j'ai mis un pied devant l'autre malgré tout. Ciel gris, pierres dorées. Ça va plutôt bien ensemble. Et il faut dire que ce petit circuit autour d'Oingt vaut le détour, entre bois et vignes. Tiens, les vendanges commencent tout juste, sur une parcelle une seule, en ce dernier jour de septembre...
Une petite quinzaine de kilomètres, des madones des croix en veux-tu en voilà, Balthazar et un tout petit cheval miniature, des cadoles par-ci par-là... Promenade un peu longue mais variée, et agréable. Allez, ça fait du bien. Et il est rigolo le village d'Oingt.
Vous vous souvenez du mot mot. Je ne puis croire l'inverse!... Vous vous en souvenez. Vous... je! me dis qu'à ce rythme, mon dictionnaire désordonné va mettre du temps à voir le jour, et sans mots, pas de combat, et alors, horresco referens! la victoire de l'adversaire sans coup férir. Abandon pur et simple, déclaré forfait... Pourquoi diable ne suis-je pas plus efficace, rapide, pragmatique, coubertinien, moderne!
On ne combat pas l'aliénation par des moyens aliénés. Ah! oui, ce langage, tout droit sorti de films situationnistes des années 70, qui l'entend? Aujourd'hui la lutte, c'est le pouvoir d'achat, le ras-le-bol fiscal, du concret quoi. Je m'excuse donc. Et je me défends : puisque je n'aime pas l'efficace, je ne vais pas me reprocher de ne pas l'être. Alors, soit... 1 mot au dictionnaire tous les 2 ans, c'est déjà ça - Hoppipolla.
Le mot du jour, comme le titre ne l'indique pas, est randonner. Vous aurez remarqué que je me sers de ma tête pour marcher et de mes pieds pour penser, je le raconte. Autrement dit, et officiellement dit, je randonne. Je vais même plus loin, étant licencié de la Fédération Française (achtung!) de Randonnée Pédestre. J'extremise le geste en suivant leur programme de formation à l'animation de randonnée.
Une fois rentré de formation, je m'interroge : d'où vient donc ce mot de randonnée? Pourquoi lui et pas un autre? Je cherche.
A. CHASSE. Circuit plus ou moins long que fait un animal qui, après avoir été lancé, se fait chasser dans son enceinte avant de l'abandonner.
Quelle surprise! Pour en savoir plus, je vais au verbe, puisque nous savons qu'au commencement était le verbe, c'est écrit. Et, randonner, au XIIe siècle, qui est le siècle de référence, au même titre que tous ceux qui précèdent la naissance de Voltaire, signifiait "courir impétueusement". D'une surprise l'autre. La vitesse, la violence sont dedans. Pourquoi? rand, de la famille germaine du rennen, "courir".
Il y a finalement quelque'chose qui me plait là-dedans. J'en viens au mot pérégriner, faire un long voyage, un pèlerinage, être à l'étranger. Aller par monts et par vaux, battre la campagne... ne manquent plus que Rossinante, Sancho Panza, et le heaume de Mambrin. L'activité du Chevalier à la Triste Figure, en mille... penser avec les pieds. Être un étranger, en fin de compte. Traqué! chassé! n'ayant plus comme solution que de courir impétueusement. Voyez comme je retombe sur mes pieds...
Excusez-moi, je ressers Céline :
à quoi servaient les croisades?... ils se transposaient!... depuis ils se font éjecter, de Passy, de leur seizième étage, par super-jet conditionné, direct Golgotha... sept minutes... photographiés aux "Oliviers"... Monsieur en Joseph... Madame en Marie... les enfants, anges évidemment... retour avant l'apéritif!... depuis que chaque homme moteur au cul, va où il veut, comme il veut, sans jambes, sans tête, il n'est plus qu'une baudruche, un vent... il ne disparaîtra même pas, c'est fait...
Poursuite des explorations dans les Monts du Lyonnais, avec aujourd'hui un petit tour autour (...) du joli village de Valfleury. La montée sur la crête est raide, mais courte, et ensuite, le parcours est très joli, et mérite cependant d'être emprunté par beau temps pour profiter pleinement de la vue vers les Alpes, vers le Pilat, et la vallée.
Valfleury depuis la crête
Sommets du Pilat dans les nuages
Début d'automne
Monts du Lyonnais
Le détour pour le sommet (Crêt Saint Georges, 817m) n'est pas très visible, et certainement peu emprunté, par conséquent dans la végétation, mais offre de belles vues.
à gauche dans les bruyères : la très discrète sente vers le Crêt Saint Georges
Et n'oubliez pas de saluer les Marguerites du coin.
Petite, toute petite balade, pour nous emmener au plus haut des Monts du Lyonnais... Digestive.
Agriculteurs = SS
C'est qu'une vache ! pour si peu... s'appelle même pas Marguerite pour dit ! l'importance que ça peut avoir ?! Interrobang ! 3632 - quasi numéro du téléthon. Une vache... Stücke !La question humaine me revient. Tout est normal, efficace, moderne, industriel, pratique, segmenté. Elle et ses camarades me demandaient tristement quelque chose, derrière leurs barbelés - je n'ai rien compris. Maintenant, ce que je voudrais leur offrir : leur enlever ce code barre et les renommer Marguerites...
Panneau directionnel et chêne central - Puy Ferrand, Crête du Coq, Dent de la Rancune
Le Puy de Sancy (1886m) abrite deux des belles randonnées d'Auvergne. On peut en effet y grimper par Chambon des neiges, en parcourant la vallée de Chaudefour et le tour des crêtes ; et on peut y aller par le sud, depuis Morangie, et le cirque de la Fontaine salée. Deux randonnées très différentes, et immanquables!... J'avais depuis un moment en tête d'enchaîner les deux (topo sur Altitude Rando)...
Chambon des neiges, 7h17. Grand calme et beau temps sur l'Auvergne qui se lève. Je prends le chemin, facile jusqu'au chêne central, celui autour duquel tourne la Vallée de Chaudefour et le "Tour des Crêtes". Le Puy de Sancy est annoncé en 3h - ça me ferait mal!... Au chêne, on bifurque pour monter dans la forêt, un chemin de pierre, puis dans les racines, avant de finalement sortir du bois pour en envoyer sur la crête. C'est que, sur la crête, ça va monter encore. Solitude en ce vendredi matin... seulement troublée par quelques chevaux décoiffés.
sur la crête
Avant de remonter plus sérieusement vers le Puy Ferrand, on peut observer l'autre versant de la vallée, et des chamois peuvent souvent s'y observer. C'est le cas aujourd'hui : 3 au loin, et puis 2 juste dans mon contrebas...
un chamois
Le vent, fort, devient violent et ultra-violent. Il siffle hurle dans les pylônes des remontées mécaniques venant de Super Besse. 8h47 - sommet du Sancy, et une petite pause, pour observer le Cantal, le Forez, la chaîne des Puys, etc. Dans les pentes sud du Sancy, les rapaces usent du vent et piquent soudainement. En voilà qui poursuit une fouine une hermine un truc... Et... deux autres chamois gambadent.
Cantal
Monts Dore et Puy de Dôme
Après le Sancy, la crête est annoncée "difficile" et est en réalité facile. Le passage du Pas de l'âne peut impressionner, il vaut mieux avoir l'habitude des crêtes et ne pas avoir le vertige, mais pas de difficulté particulière.
surplace - pique 1
et 2
Avant de se lancer dans la descente vers Chastreix puis la Fontaine Salée, il n'est pas inutile de se rappeler qu'on a alors fait le quart simplement de la randonnée, et qu'à partir de là, tout est descendu pour être remonté ensuite. Il faut avoir le physique et le moral (c'est pareil).
Bon, j'y vais. Souvenirs de la précédente escapade en Fontaine Salée, où la descente du Sancy fut un calvaire, puisque nous y avions croisé les hordes jaunes des supporters de l'ASM qui avaient décidé ce jour-là d'aller exposer le Bouclier de Brennus (?) au sommet du Sancy.
Cirque de la Fontaine Salée
Aujourd'hui, c'est beaucoup plus agréable. Avant de prendre les pistes de ski vers Chastreix, j'hésite à prendre une petite sente menant au Redon, et à descendre ensuite directement vers la Fontaine Salée. Ca m'éviterait le passage un peu pénible de la piste de ski. Et ce serait un sacré raccourci, en temps, et en sauvagerie... Bon, une autre fois.
y a pas qu'à Pise
porte de la forêt
Chastreix, donc, la route, aussi, quelques dizaines de mètres, avant un long passage entre forêts et prairies, très auvergnat, mais très ou disons presque plat. Puis, on traverse un beau pré vert, et on entre par la porte dans la forêt magique... dont on ne voit pas la fin.
dans la forêt
Cirque de la Fontaine Salée
10h17 - j'en sors quand même. Pause à l'orée du cirque de la Fontaine Salée. Je décide d'aller en faire le tour, du cirque. Et, surprise, je croise une marmotte... je savais qu'il y en avait, mais n'en avais encore jamais vu en Auvergne. En revanche, pour les mouflons, c'est encore raté.
Puis, je longe le ruisseau qui draine le cirque, et passe la zone marécageuse grâce aux petits ponts installés. Là, on doit remonter 5,5km pour rejoindre le Sancy. Il est presque midi, j'hésite... pas longtemps : je remonte avant de manger.
Sancy
Les derniers mètres... fort vent... ventre vide sont assez durs, mais je veux passer l'autre versant. Pause déjeuner, et c'est ensuite reparti pour le dernier quart (il serait temps : déjà 25km au compteur) de la randonnée : les crêtes en montagnes russes. Et on monte, et on descend... et... sans fin. Oui, parce que Chaudefour dans ce sens, c'est mieux, mais il faut savoir que la descente est alors parsemée de remontées... même une fois la forêt regagnée...
Dent de la Rancune et Crête du Coq
dans la forêt
source ferrugineuse
Enfin, voici le chêne central, environ 7h après l'avoir quitté. Je ne m'y attarde pas, la pluie menace désormais. Je m'arrête tout de même à la source d'eau ferrugineuse. Et, 7h25 après le départ, je peux poser le sac définitivement. Les deux plus belles randonnées du coin, enchaînées dans un huit autour du Sancy, un huit couché donc l'infini... et ça a certes des airs d'infini : 33km, 1800m D+, où en est le bout ?!
Ach so ! Le 7 juillet 2012, j'allais sans trop savoir vers laCroix de Belledonne (2926m), sans trop savoir si j'en étais capable, si ? quoi ? sans trop savoir. Et, à quelques pas (grands pas) du Col des Rochers Rouges, je jetai l'éponge. Au moment... au retour... les superbes couleurs matinales du Lac du Crozet, et des lacs du Domènon encore partiellement gelés l'emportent. En revanche, le temps passant, et chemin faisant, je portais cette Croix de plus en plus lourdement.... Les conditions de neige m'ont longtemps découragé d'y aller (avec raison) en fin de printemps et début d'été... Échec récent et tentative avortée pour genou récalcitrant...
Mer de nuages, Chartreuse
Aujourd'hui, je me demandais si quelque obstacle n'allait pas tomber du ciel pour m'empêcher d'atteindre le sommet... Non ! Mission accomplie. Pendant que j'y suis... Robespierre ! La Doctrine Robespierre... "Personne n'aime les missionnaires armés." Argument jamais contré par quelque ingérent chemise ouverte cheveux aux vents que ce soit !... lesquels préfèrent ne se placer que du point de vue moral et sentimental (drôle de posture pour des prétendus philosophes modernes rationalistes éclairés), tout en prenant bien soin de rester au moins borgne (ça souffre de partout, non ?), et de n'insulter la logique qu'en silence (c'est le crime qui est insupportable, c'est pourquoi il faut punir les coupables, à condition que ce soient nos ennemis - ?). Pas de guerre en Syrie.
Départ ce matin vers 6h25 des Freydières, (Pré Raymond, 1372m). Dans la nuit, une voiture arrive... porte fermée... frontale allumée... départ ! lever de Soleil au sommet ? ça fait envie. Pour l'heure (j'en perds d'ailleurs mes repères temporels), je reste avec un petit besoin de sommeil... 6h25, donc... dans la forêt, c'est très sombre... et, à chaque lacet, vue dégagée et clairs-obscurs... Je n'insiste jamais sur cet avantage des départs tôt : lumières et couleurs offrent un spectacle qu'on ne retrouvera pas plus tard dans la journée, et cela ajoute à la variété de la journée.
Je monte tranquillement, à 70% disons, pour parler chiffre... pas le moindre essoufflement de la journée. Souvenirs à la pelle - tiens, là ! il y avait un lys martagon... tiens, etc. Le Lac du Crozet (1974m) est facilement atteint, et quelques bivouacs se lèvent. Quelques pas avant le lac, surprise ! au détour d'un gros rocher, un chamois bondis dessus !... il me surprend, je le surprends, il reste un peu hébété, je reste un peu hébété, il pousse un cri, je ne pousse pas un cri, et il s'enfuit. La journée débute bien.
Je ne m'arrête pas au lac, dont les couleurs ne sont d'ailleurs pas aussi grandioses que l'an dernier. Je remonte le vallon du mercier, toujours aussi magnifique, lui. On y passerait sa journée. Toutefois, j'ai d'autres chats à fouetter. Col de la Pra (2186m) à 7h35. Petit-déjeuner au près d'une petite gouille, en souvenir de l'an dernier, et une myrtille en prime. Et je file vers les Domènon. J'avais suivi des Allemands dans le pierrier l'an dernier, qui avaient perdu les cairns... pas la même erreur cette fois, le long du torrent. Les lacs ne sont plus gelés, mais toujours aussi beau. Je passe, pressé d'arriver au pied du mur de la "Grande Pente".
Je la gravis en oubliant quand même de me restaurer un peu, mais ça passe bien. J'ai dépassé tout les "réfugiés" et il n'y a donc plus personne d'ici la Croix. Le parcours est assez féérique, avec le Soleil en plein dans les yeux, et un cheminement entre névés, pierriers, lacs sans noms plus ou moins gelés et aux si belles couleurs... Arrive le Col de Belledonne (2824m), et avec lui la vue sur la Meije et le Râteau... tellement beau ! Ce n'est pas fini.
Au col de Belledonne, Meije et Râteau au fond
Ni pour le paysage, ni pour l'effort. Oh, il n'y a plus que 100m+ à gravir, aucune fatigue, toujours un rythme assez tranquille, mais plus beaucoup d'énergie (et la pause oubliée se paye). Je ne vais pas m'arrêter si près du but, alors je monte lentement, un peu au hasard, jusqu'à la Croix. Au sommet, le Grand Pic (2977m) est tout proche, il cache le Mont Blanc, mais la Vanoise est majestueuse, et on continue le tour, Grandes Rousses, Ecrins (avec la Barre et Ailefroide qui dépassent les Glaciers Girose/Mont de Lans), Taiffefer, Dévoluy (Pic de Bure, superbe plateau)... Le Vercors est caché par une mer de nuage (Veymont et Moucherolle dépassent, le Mont Aiguille pointe, par instants), et la Chartreuse se cache le plus souvent. En plus, vue plongeante sur le Lac Blanc, vert (2161m), et le Lac de Belledonne (2169m), exceptionnel avec dedans des reflets irisés de la brume...
Lac de Belledonne
Lac Blanc
Il est 9h10. 2h45 de montée... J'ai un bon moment de solitude absolue dont je profite bien... Céline ! Rigodon ! En face de la Grande Casse...
on vous dit : Hollywood est mort!... pardi!... ils ne pouvaient pas étaler après ce qui s'est fait!... au réel!... de ça que moi-même en personne il m'est foutrement impossible de regarder même une photo!... traduire, trahir! oui! reproduire, photographier, pourrir! illico!... pas regardable ce qui a existé!... transposez alors!... poétisez si vous pouvez! mais qui s'y frotte?... nul!... voyez Goncourt!... là la fin de tout!... de toutes et tous!... "ils ne transposaient plus"... à quoi servaient les croisades?... ils se transposaient!... depuis ils se font éjecter, de Passy, de leur seizième étage, par super-jet conditionné, direct Golgotha... sept minutes... photographiés aux "Oliviers"... Monsieur en Joseph... Madame en Marie... les enfants, anges évidemment... retour avant l'apéritif!... depuis que chaque homme moteur au cul, va où il veut, comme il veut, sans jambes, sans tête, il n'est plus qu'une baudruche, un vent... il ne disparaîtra même pas, c'est fait...
Croix et Pic de Belledonne
Écrins
Bon... 11h30, petit pique-nique au moment où la brume efface la Vanoise, menace de plus en plus les Écrins, et nous-mêmes (car il y a du monde, maintenant, au sommet) sommes rafraîchis... Avant de partir, un regard sur le plateau rouge des... Rochers Rouges. D'une c'est magnifique, de deux, il y a des champs de pierres dressées, et de trois, des bouquetins sont repérés. Des grands mâles qui se reposent, des jeunes qui pérégrinent au bord de la falaise... Eh ! bien on va descendre après un petit détour !
Rochers Rouges, encadrés par le Pic du Grand Domènon et la Grande lance de Domène (effet d'optique, la seconde parait plus haute)
Et le détour vaut bigrement la peine ! La roche est très belle (va falloir me géolosiger un peu), le spectacle des pierres dressées étonnant. Et puis, pouvoir observer ces bouquetins si paisibles comme il se doit, quelle cerise...
Rochers rouges
Rochers Rouges et les trois pics : Croix, Pic Central, Grand Pic de Belledonne
Rochers Rouges, Pic du Grand Domènon, et bouquetins
Je redescends, en prenant autant de névés que possible, ça économise le genou de "skier" un peu. Revenu au Col des Rochers Rouges, un grand mâle prend la pose sur l'arrête, on le voit de loin, maître des lieux...
La zone est très fréquentée, je prends donc hors sentier, et je ne rencontre plus personne... personne... je me comprends... des bouquetins... tiens 4 jeunes... ça pourrait être ceux repérés depuis la Croix, mais ils seraient allés bien vite, pensé-je avant de me rendre compte que cette réflexion signifie que je pense être bien plus rapide que des bouquetins, puisqu'ils avaient une bien belle avance sur moi... absurde... donc, ça peut être eux, qui n'étaient d'ailleurs plus aux Rochers Rouges quand j'y étais, à la différence des grands mâles. En plus des bouquetins : marmottes, grenouilles, swing, swing, et un lac sans nom très joli.
Lac sans nom au-dessus des Domènon
Ruisseau sans nom
Trouvez les bouquetins
Me revoilà aux Domènons, puis au vallon du Mercier où une purée de pois s'abat sur la montagne. Temps d'Anglais, thé d'Anglais. Quelques pages de Céline, encore. Le Soleil reparait, je redescends, Crozet, Freydières. Grosse randonnée, et quelle journée !
Lac du Grand Domènon
Je n'en ai pas fini pour autant avec cette Croix, dans un massif qui me plaît tant. Il me faudra en effet y aller par :