Afficher On pense avec les pieds sur une carte plus grande

samedi 4 mai 2013

Miss Orchis

Vivement le grand coup de balai ! c'est demain. Nous en profiterons pour balayer, en plus de nos amis UMPS, nuages et neige tardive - envie d'aller plus haut, moi... En attendant, promenade, quand même ! - comme dirait Manuel Valls. M'enfin, en début d'après-midi, c'est un peu tard pour les Alpes. Tiens, je n'ai jamais mis les pieds dans le Bugey, alors allons-y... 

La vallée de l'Albarine depuis Ambérieu, annoncée comme "la vallée sans brouillard", est parcourue dans un parfait brouillard. Puis, on monte vers Innimond, petit village perché sympathique. Là, l'idée est d'atteindre le Mont Pela (1152m). Pas de carte sous la main... et le brouillard qui bouche la vue pour savoir où aller... bon, je trouve un GR, je le suis, et, après 20 mètres dans 40cm de boue, il monte (c'est bon signe).

au retour, on y voit un peu plus clair : la crête


On a droit tout le long à la triplette printanière : pulmonaires (discrètes), pensée (omniprésentes), orcanettes (des milliers des millions des myriades, une gigantesque invasion ! du jaune partout - le péril jaune...). Pas de vue pour cause de brouillard... Mais j'ai mis les pieds là-bas après avoir lu qu'il y avait légion d'orchidées... Quelques-unes, c'est vrai, à la montée... rien là-haut, sur la crête dont le versant ouest est très agréable en pente herbeuse. Mais à la descente, j'en repère un peu plus... et surtout, à une épingle de la large piste ramenant au village, il y a une porte (une porte avec rien autour, à la Printemps, été, automne, hiver... et printemps), et des herbages fleuris. Alors je franchis la porte, et là... en effet, pléthore d'orchidées, toutes plus belles les unes que les autres. 

Orchidée : le nom lui-même est magnifique, il ne saurait en être autrement. Quelques-unes :


Orchis mâle, orchis bouffon, orchis sureau (jaune)...

Il n'y avait pas que des orchidées : 

Muscari en grappes (liliacées)
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lamiacées

mercredi 1 mai 2013

Aide-toi et le ciel t'aidera - Crêt des Fayes

travailleuse à l'air abruti, à cause du travail

Un bien sale temps règne encore en cette fête des travailleurs, et non pas du Travail comme je l'ai stupidement écrit hier. Encore un peu, et je prenais ma carte à l'UMP. Des travailleurs ! pas du Travail. Guy Debord, défends-moi : ne travaillez jamais ! 




Toujours est-il que la journée s'annonce bien morne, une fois de plus. Je me décide à aller braver ce mauvais temps quand même. Une pluie battante m'accompagne de Lyon jusqu'à Duerne. Et alors ? Elle m'accompagne d'ailleurs jusqu'à la cote 721m dont parle l'excellent topo









Second cri
Là, deux cris annoncent la récompense - celui d'un arbre qui saigne d'abord, celui d'un rapace de bon augure ensuite. D'un instant l'autre : la pluie est chassée remplacée par les rayons du Soleil. Et la petite promenade n'en sera que plus agréable. 

Premier cri : l'arbre qui saigne





Et au fait, pourquoi saigne-t-il ?
































Entre champs et chemins, les haies gagnent des feuilles, les fleurs colonisent à grande vitesse (les Jules Ferry des fleurs prétendant que c'est au nom du bien des races inférieures). 

Timides genêts, et compères & comparses

Chercher le sommet du Crêt des Fayes (876m) est assez amusant, entre fougères et rochers... on finit par repérer un imposant tumulus. Personne n'ayant encore pensé à couper ces arbres pour en faire des bâtonnets pour les glaces, le marcheur est privé de vue depuis ce culmen. Qu'à cela ne tienne, de toute façon, les Alpes sont dans les nuages. 

Alignement : folles prairies de l’insouciance, plans d'eau, Duerne, St Martin en Haut, Signal St André


De l'autre côté en revanche, on aperçoit de temps à autre le Forez, encore enneigé... Il s'agirait quand même de fondre un jour, non ?

au-dessus des cumulus au fond : la neige dans le Forez

Je gagne ensuite, en croisant - incroyable ! mais vrai - un trio de marcheurs, le Thue des Sarrasins qui permet de voir l'Aqueduc romain de la Brévenne. Alors là, moi qui aime l'étymologie, je ne vais passer à côté des commentaires consécutifs au cité-topo. Au final, il semblerait donc que les "thus" sont des trous (en patois local) et que les Sarrasins y planquaient lors de leur retraite, à moins que Sarrasins ne soit une déformation de Césarin en cela que ce qui était romain était attribué à César. Allez savoir...

Et puis, c'est le retour sur Duerne, après quelques 13 km et environ 500m+, qui m'auront aussi valus de rencontrer, outre les inévitables engins motorisés - le Bruit et l'Odeur !... - quelques animaux rigolos.

Course sans dopage

Qu'est-ce donc que ce galimatias ? un Meloe (famille des méloïdés, coléoptère dont la larve vole, pas l'imago)
Qui va là ?





dimanche 14 avril 2013

Le Grand Crêt d'Eau (Jura)

Le printemps est vraiment là, cette fois. Je laisse la neige fondre dans les Alpes et je profite de cette très belle journée pour partir à la découverte du Jura. En préparant la sortie, j'apprends avec stupéfaction que le massif de l’Épine fait partie du Jura, qui continue même jusqu'à... Voreppe. Ça alors. Soit. Le Grand Crêt d'Eau (1621m) n'est qu'à 1h15 de route de Lyon, et a l'air très sympathique... Alors, départ de Lyon à 7h pour gagner la ferme du Métral (759m) au-dessus du Ballon, lui-même au-dessus de Bellegarde-sur-Valserine.

Dès le départ, la vue est superbe sur les Alpes. On la quitte pour cheminer au nord, avec quelques primevères, pulmonaires et pensées pour les couleurs, coucous et autres maîtres chanteurs pour les sons. 

Chemin des Vaches : il nous mène à Sorgia d'en bas (1221m) par un chemin très raide. Finalement, ça faisait un moment que je n'avais pas randonné seul, et j'avais oublié que dans ce cas : je pars vite, et je marche de plus en plus vite. Les grosses gouttes tombent du front dans ces lacets forestiers rapidement absorbés. Je souffle un peu et je sors de la forêt pour gagner une ambiance assez étonnante faite d'herbages, d'arbustes, d'ombres et de lumière, de névés, de bruits dans les fourrés : un grand cache-cache. Puis c'est Sorgia-d'en-bas. 












Sorgia-d'en-bas
Bellegarde-sur-Valserine















On retrouve pour quelques mètres la forêt et la neige se fait plus abondante. Les raquettes, les guêtres, n'auraient pas été de trop, mais ça passe bien, sans, malgré tout...



Un petit thé s'impose sur les ruines de Sorgia-d'en-haut (1400m) : extrêmement paisible. Je remonte alors vers le Crêt du milieu (1597m), en faisant au passage s'écrouler un pont de neige qu'une seconde d'inattention m'a empêché de suspecter : allant directement sur un rocher qui émergeait de la neige, je me suis retrouvé au moment d'y mettre le pied 1 bon mètre plus bas !... 



La neige modèle encore les paysages : 



Du Crêt du Milieu, la vue est superbe même si quelque peu masquée par un crêt sans nom mais pyloné, plein sud. En quelques minutes, je gagne le Crêt de la Goutte (1621m), sa borne et sa table d'orientation, bien utile parce que je n'ai pas l'habitude de voir les Alpes depuis ce point de vue. Entre temps, quelques photos de croqus. Un couple de randonneurs de Bellegarde m'informe : dans 15 jours, ce sera tout bleu et blanc, un tapis de croqus !

Du Crêt de la Goutte, vue sur le nord du Jura


Quelques sommets, du Lac Léman jusqu'à la Chartreuse

Lac Léman et Massif de la Jungfrau
Les Dents du midi (dont Haute Cime 3257m)
La Dent Blanche (4357m)
Le Cervin (4478m)
Le Chardonnet (3824m) et l'Aiguille d'Argentière (3902m)
L'Aiguille Verte (4122m)
Les Grandes Jorasses (4208m) et l'Aiguille du Midi (3842m)
Le Mont Blanc (4810m)
L'Aiguille de Tré-la-tête (3930m) et l'Aiguille des Glaciers (3817m)
L'Etale (2484m) et la Grande Sassière (3747m)
Le Mont Pourri (3779m)
Le Sommet de Bellecôte (3417m) et la Grande Motte (3653m)
La Grande Casse (3855m) cachée par la Tournette (2351m)
Les Dômes de la Vanoise (3586m) et les Aiguilles de Péclet-Polset (3561m-3531m)
Les Aiguilles d'Arves (3514m)
La Meije (3983m) et le Râteau (3809m)
Le Pic de l'Etendard (3464m)
Le Grand Pic de Belledonne (2977m)
La Chartreuse - le Grand Som (2026m) et Chamechaude (2082m)


Le repas, à l'abri du vent, est aussi l'occasion de suivre une discussion de nageurs/kayakistes et leurs déboires sur le Rhône, son courant, ses tourbillons... Je préfère la terre ferme. Et, c'est la descente, en courant dans la neige, ce qui est très amusant. Arrivé vers Sorgia-d'en-bas, je constate que la neige a fondu comme neige au soleil... Le chemin en est presque méconnaissable. Les croqus percent. Clap clap, le sentier est transformé en petit ruisseau, je clapote. 

 


Je redescends enfin en voiture par Grésin... la petite route-balcon est superbe. Voilà... 12km et 1000m+ en environ 2h30 de marche (et autant de contemplations).


Un petit bonus - mise dans l'ambiance pour le 5 mai (où Mélenchon risque de devoir défiler avec Frigide Barjot) : 

Nietzsche contre le christianisme
Et la lumière fut...