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vendredi 10 août 2012

Lac Miroir et alentours de Ceillac

Troisième journée de mon périple, et la dernière. J'aurais peut-être pu en faire une de plus - les lacs de Malrif seront pour une prochaine fois. Petite ballade au programme aujourd'hui, donc, avant de reprendre la longue route pour rentrer à la maison...

Juste au-dessus du camping (1656m) : le départ du sentier pour le Lac Miroir (2214m). Il est annoncé en 2h, et une randonnée digne de ce nom pousserait jusqu'au Lac Ste Anne (2415m) voire au Col Girardin (2699m).  Mais il y a la route à faire derrière. 

Donc, uniquement le Lac Miroir, mais avec un petit défi. Annoncé en 2h, j'espère pouvoir l'atteindre en moins d'1h. Départ : 9h15. On verra bien. Ce départ plus tardif qu'à mon habitude fait que, une fois n'est pas coutume, du monde est parti devant moi. Je les ai déposés les uns après les autres, et une jeune Allemande a bien essayé de me rattraper en courant comme elle pouvait, c'était peine perdue, ah ! ah ! Bah oui, c'était peine perdue, parce que, c'est qui qui apparait à 9h50 soit 35 minutes après le départ : le Lac Miroir ! Je ne m'attendais quand même pas à diviser quasiment par 4 le temps nécessaire. J'ai bien envoyé. Et je peux attendre mes allemands une bonne demi-heure.

Le temps d'admirer ce beau miroir, ou lac, ça dépend du vent et des ondes qu'il fait apparaitre à la surface de l'eau.
Les Pics de la Font Sancte jusqu'à la Pointe de la Saume

Étonnant, non ?
Ah, dès que ça ondule un peu, c'est tout flou...


De l'autre côté du lac


Il y a aussi des libellules, et des poissons, et des fourmis :


Oui c'est bien, mais c'est quand même pas le Taj Mahal ou la Pyramide de Kheops... Au boulot les fourmis
 

 A ce propos : ces poissons étaient les mêmes que ceux du Lac de l'Ascension. Or, ces lacs ne communiquent pas. Voilà qui reste un mystère pour moi. Comment se fait-il qu'on trouve dans chaque lac les mêmes poissons ? Comment sont-ils arrivés là, d'ailleurs ! Par le cycle de l'eau ? Ils s'évaporent avec l'eau, et tombent dans les gouttes de pluie, ici, là, au Lac Miroir, au Lac de l'Ascension, dans chaque lac ? C'est insensé, et j'aimerais bien avoir des explications scientifiques sur ces peuplements. 

Après un petit tour du lac, je redescends donc, en décidant de faire la boucle... je redoutais l'erreur, et en effet : ce n'est qu'une piste assez insupportable, zigzagant autour des remontées mécaniques. Quand je pense aux pauvres hères qui montaient par ce côté-là : déprimant !

Deux avantages quand même à descendre de ce côté : la vue plongeante sur Ceillac, et d'un. 



Et, en quittant un peu la piste pour parcourir les prairies, on découvre que quelques marmottes y vivent - et de deux.




 

Retour un peu avant midi au parking. Direction Lyon, par l'Ubaye, puis le col Bayard, l'extraordinaire Obiou et le Dévoluy - de l'autre côté les Ecrins, et enfin le Vercors, Belledonne dans les nuages, la Chartreuse... En route, je passe près Notre-Dame de la Salette au moment où j'écoute un morceau de Thelonious Monk. Triple hommage : à Monk, donc, mais aussi à Léon Bloy qui a magnifiquement raconté son séjour à La Salette dans Le Désespéré, et à Marc-Edouard Nabe dont j'ai lu durant ce séjour dans le Queyras les deux chapitres qu'il a consacré l'un à Monk, l'autre encore plus formidable à Bloy, dans le Régal des vermines...










<== Cascade de la Pisse, à l'arrivée

Lac de l'Ascension (Queyras)

Ça y est : le Queyras ! Ah, on ne fait que quelques kilomètres depuis la Grave, et pourtant, tout change - l'influence du climat méditerranéen... Parfois, on jurerait sentir la lavande et entendre les cigales. D'autres fois, c'est à la Corse qu'on pense...

La randonnée du jour : le Lac de l'Ascension (2306m). J'ai hésité avec les Lacs de Malrif... Je me suis dit que ceux-ci seraient au programme du lendemain... Soit. Depuis le camping de Ceillac, direction donc La Roche-de-Rame (1000m environ), puis, Le Lauzet (1786m). C'est déjà une aventure : une piste longue de 10km qui avale 800m+ ! D'ailleurs, on passe par un endroit qui s'appelle Le Calvaire. La piste est certes en plutôt bon état, et pas si étroite que ça, m'enfin je n'aime pas beaucoup ça... Je suis bien content de ne croiser personne (évidemment à 7h, personne ne descend de là-haut). Eh ! bien si ! quelqu'un descend, et c'est un camion, qui transporte des troncs d'arbres ! J'ai pu me garer dans un lacet et le laisser passer, mais comment peut-il descendre une telle piste en camion ?! (interrobang) Bref, j'arrive au Lauzet quand même.

On traverse un gué, on continue sur la fameuse piste jusqu'aux Ruines de Giet (1831m), et là, on tourne à droite pour monter dans la forêt, jusqu'au très beau Ravin de la Font des Ardouis (2117m). La montée est rendue difficile surtout par la chaleur qu'il fait déjà ! (ça aussi, ça fait penser à la Corse). Une petite pause après le ravin, et avant d'attaquer ceci :

Le vallon amenant au Collet du Peyron
Ça n'a l'air de rien, on ne se méfie pas vraiment, d'ailleurs, mais c'est un autre Calvaire. J'ai souvent l'habitude de dire qu'en montagne, c'est au sommet qu'on peut dire : "Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?" D'invraisemblables efforts... récompensés. C'est très court, du ravin au Collet du Peyron (2465m). Mais justement, 350m+ en si peu de distance, en plein soleil qui plus est... Très difficile physiquement, et moralement puisque ce satané Collet semble ne jamais se rapprocher. Je fais attention à ne jamais dépasser 90% PMA, et dois donc m'arrêter deux fois - sur même pas 1,5km, je ne crois pas avoir déjà fait ça... 


Tête du Peyron depuis l'abandon
Longue pause au collet, et hésitations : on peut gagner la Tête du Peyron (2591m) assez rapidement et avec peu de dénivelé supplémentaire. L'intérêt : une vue à 360° et notamment les Ecrins, masqués depuis le Collet par le Gros Puy et ses collègues... En vue, ça n'a pas l'air difficile... mais c'est une arrête... je m'engage, mais quand ça devient trop impressionnant, trop vertigineux, je préfère battre en retraite. Dommage...






Du Collet du Peyron, on a une vue magnifique et surplombante sur le Lac de l'Ascension et ses amis lacs (Lac Escur et Petit Lac Escur), parsemant un cirque assez grandiose. 

Le Petit Lac Escur et le Lac Escur

Le Lac de l'Ascension
Vue d'ensemble


De l'autre côté : 
Le Queyras au loin



Je redescends ensuite. Courte descente assez pénible (pas d'accroche) avant de très vite gagner quelques lapiaz parmi les herbages, parcourus par de très farouches marmottes dont la spécialité est de se poser sur un rocher, de ne laisser dépasser que la tête, et de scruter l'ennemi (moi).



Position typique de la marmotte de l'Ascension



Se promener dans le cirque est un vrai régal, et pas seulement pour les Vermines. 
Le Petit Lac Escur

Juste au-dessus, le Lac Escur (alors qu'un ver de terre semble s'être incrusté à ce moment-là sur mon objectif)

C'est pas le Lac Miroir, m'enfin il se défend aussi


Une fois dépassé le Lac Escur

On arrive au Lac de l'Ascension
A côté du Lac, un immense rocher, fendu en deux. On ne connait qu'Alexandre le Grand dans toute l'histoire de l'humanité, capable d'un tel exploit. Aucun historien n'atteste pourtant de sa présence dans le Queyras. Étrange.

ça passe...

vue d'entre le rocher...

Du coup, on s'attarde, on s'attarde, mais l'heure du repas arrive, les pieds dans l'eau :


Après que deux gros chiens patous ont manqué de manger les quelques randonneurs présents parce qu'un couple avait eu l'outrecuidance de venir avec leur chien, c'est le moment de redescendre. 

Descente d'accord, mais le chemin est assez mal marqué. Bon, à la carte, on y va... Au passage, je crois être tombé sur la source de Serre Duc (?) :

Regard arrière une dernière fois :
Pic du Haut Mouriare (2808m) qui surplombe le lac de l'Ascension
Puis, je rejoins un très beau cairn annonçant l'aire des lapiaz :

La descente après cela prend une tournure très corse, avec moins d'eau qu'au Fango, mais quand même... 
La descente de l'Ascension

Une mini-piscine naturelle



















Enfin, on retrouve la tristement fameuse piste, qu'il faut descendre à pied jusqu'au Lauzet, puis en voiture... Mais au passage, on aperçoit les Écrins et leurs magnifiques sommets à travers les arbres :
Sommets de l'Ailefroide, Pic Sans Nom, et Mont Pelvoux à droite

 Quelques données sportives :

16km et 1300m+ cumulés

Jolie boucle autour de la Tête du Peyron

Passage dans les Ecrins : bonus

La Meije, ah bin oui...

Le GR54, Tour de l'Oisans, continuait par là, après le Col d'Arsine...

Quelques progrès au sténopé

Mais bon... Ah, si quand même

Lac du glacier d'Arsine (Ecrins)

Sur la route du Queyras (cf "Lac de l'Ascension" et "Lac Miroir"), je prends un arrêt dans le Massif des Écrins pour grimper au Col d'Arsine (2340m), et pousser jusqu'au Lac du Glacier d'Arsine (2463m).

Au programme : 21km et 1000m+. Le départ est pris au pont d'Arsine (1667m) non loin de Villar-d'Arêne, mais on peut gagner un bon quart d'heure en se garant au parking suivant. Pour atteindre ce point de départ, on monte du Bourg-d'Oisans à la Grave et on s'offre donc une vue sur la Meije, assurément un des plus beaux sommets alpins qui soit... 


Comme on le constate sur le profil de la course, ça grimpe d'un coup d'un seul, et on peut même dire que ça envoie grave ! ça réveille, quoi. On atteint alors les alpages, pas encore touchés par les rayons du Soleil vers 7h30, mais les marmottes pointent déjà le bout du nez, et parfois un peu plus...




Après le raidillon, on a droit à ça :
Montagne des Agneaux a gauche et la Roche Faurio (3730m) à droite encadrent la Chamoissière (son Pic à 3207m)

Derrière, Villar-d'Arêne se réveille... le sentier à droite va au Col du Lautaret
 

Ohhh
De part et d'autre du refuge de l'Alpe de Villar-d'Arêne (2077m), les alpages sont vraiment magnifiques, peuplés de marmottes qui s'en donnent à cœur-joie, donc, mais aussi de vaches (évidemment ! un alpage sans vache serait comme un Anglais sans chapeau... absurde) qui meuglent et paissent, et du Rif de la Planche, aux superbes méandres et qui rejoindra plus tard la Romanche qu'on remonte depuis le Bourg-d'Oisans d'ailleurs. Avant une nouvelle montée vers le Col d'Arsine, ce sont d'imposants rochers qui s'invitent et parsèment l'alpage. Selon toute vraisemblance, ils ont été catapultés ici lors d'une guerre féroce entre Français et Italiens, sans doute aux alentours des années 1960, d'après les sources. 

Le Rif de la Planche, merci à lui

Les vestiges d'une guerre, donc...



Les marmottes :



Bref, on atteint le col assez vite (il est annoncé en 2h d'en bas). Et là, c'est le royaume des corbeaux. Et des rochers, toujours. Si bien que ce n'est que d'un corbeau l'autre, d'un rocher l'autre... Ils jouent aux rochers musicaux, au "rocher coassant" peut-être, mais le nom du jeu n'a été confirmé par personne de sérieux : ni journaliste, ni porte-parole du parti socialiste.

Du col, la vue est belle vers la Montagne des Agneaux (3664m) et au premier plan une moraine, derrière laquelle est coincé le lac du Glacier d'Arsine. Eh bien ! en route
La moraine, et derrière...


C'est un très beau lac glaciaire, un double lac en fait... on peut s'avancer dans les rochers entre les deux, quasiment jusqu'au pied du Glacier d'Arsine où c'est un incessant ballet de pierres qui chutent, qui roulent, mais c'est si minéral ici qu'elles ne trouveront pas mousse à amasser, en effet. 
Le lac quand on arrive, avec le glacier au fond

L'autre partie du lac, qui scintille

Plus près du glacier...

Vue d'ensemble partielle

Il n'y a plus, alors, qu'à redescendre par le même itinéraire, et saluer la Montagne des Agneaux :
Bonjour...


Quelques fleurs du jour : 
Alors c'est qui que vous reconnaissez ?