J'arrive avec un gypaète à ma hauteur... je ne suis pas prêt. Il passe derrière la barre rocheuse, je monte la raide crête et je m'installe. Il reviendra, débouchant bien en-dessous de moi, et m'offrant donc le spectacle de prendre l'ascenseur thermique. Curieux, l'oiseau viendra même me survoler à une dizaine de mètres à peine. C'est bon, je suis installé.
Jeune gypaète
A portée de main
Duo
6 passages de gypaètes au total, 3 oiseaux différents. Et puis, 10 vautours fauve qui tournoient, d'abord avec deux aigles royaux, puis seuls, déboulant de nulle part et faisant décamper les bouquetins, avant de se poser illico au passage d'un hélico. J'observe des roitelets dans les pins et en relevant la tête ils ne sont plus là.
Vautours fauve
Quant aux aigles, 3 oiseaux également. Un premier semble avoir consciencieusement évité un gypaète. Deux aigles, peut-être les mêmes, après s'être incrustés dans la valse des vautours, cerclent avec un gypaète.
Aigle royal
Bref beaucoup de spectacle, et on peut ajouter ce crécerelle qui vient se percher, puis dégringole de quelques dizaines de mètres pour se poser non loin de moi, avant de repartir, il semblait chercher un endroit qui lui convienne dans la falaise. Et puis, deux éperviers, un mâle puis une femelle, dans la même direction à 3 minutes d'intervalle.
Yes my Lord! Yes my Lord! Yes my Lord! But I beg you pardon my Lord, but in my opinion, I am sure but alors I am tout à fait sure que c'est une Oie cendrée qui appelle à l'aide. Isolée esseulée en plein milieu de l'étang, elle appelle ses congénères. Jusqu'à 5 Oies cendrées ont été repérées ces jours-ci sur le sud du lac, et elle est restée seule là, au milieu de plus de mille fuligules de toutes espèces (morillon, milouin, milouinan).
Oie cendrée
Elle m'amène à penser à ce morceau de musique que j'aime beaucoup, de Hossein Alizadeh & Djivan Gasparyan. En tout cas, elle crie ! Au secours tous ces fuligules si ça se trouve ils sont même pas français!
The call of the bird
Une Oie cendrée, donc, mais beaucoup d'autres aujourd'hui. Première de l'année où je me sens capable de faire une journée complète. Alors du matin au soir. Le matin, c'est moyen. Moyen-duc! Bien cachés... mais fidèles au poste. La prochaine fois, je viens avec le taille-haie. Le soir, c'est grand. Grand-duc. Je l'attends avant la nuit pour une fois. Je ne le trouve pas. Je m'occupe avec le tichodrome. Mais, me voilà me décalant d'un pas, à un moment donné, et ce pas de côté rend accessible à mes yeux un autre arbre dans la falaise. Une grosse ombre dedans. Jumelles. Grand-duc! La lumière a quitté le sol, et fait rougir la falaise. Il était temps que je le repère. Toujours faire un pas de côté. Gébé le savait bien (L'an 01)
Le taille-haie la prochaine fois
Il reste une demi-heure de visibilité acceptable. Mais cet imbécile d'aristocrate volatile en profite pour faire sa toilette. Et rien d'autre. Et une fois seulement que la mesure de lumière indique que toute photo non floue est impossible, il s'envole, vient se poster en rebord de falaise au-dessus de moi, disparaît, puis ressurgit de nulle part pour partir en chasse.
Ah! le voilà! il est là!
Tête à 180°
A part ça, un Butor étoilé furtif, un joli Rouge-gorge, et beaucoup d'autres encore...
Il y avait un plongeon imbrin à observer ces jours-ci, mais je ne l'ai pas vu. Dommage. Tout de même, pas mal de monde autour du plan d'eau : un magnifique écureuil, un rouge-gorge qui semble maire d'une commune anarchiste avec son écharpe noire, et pas mal d'oiseaux divers et variés.
Rouge-gorge familier
Belledonne
Après quoi, je vais prospecter des falaises à tichodrome, mais le Soleil est déjà passé derrière, et qui plus est, je ne trouve pas d'autre point de vue sur les falaises que depuis l'horrible zone industrielle. Guère flamboyant. Je monte quand même au-dessus, où la vue au-delà de Grenoble est belle sur Chartreuse et Belledonne. Dans les bois, un troglodyte prend la pose jusque quelques secondes de moins qu'il n'en fallait pour que je l'immortalise. En revanche, deux pics épeiches s'en donnent à cœur-joie en tambourinages.
Une petite promenade hier matin dans les Entremonts, le long du Cozon, où les cincles plongeurs sont chez eux. Ils commencent à chanter. Comme le merle noir depuis quelques jours à la maison. On admire les chutes d'eau et notamment la belle cascade de la Chivolande. Il faut aussi scruter les prairies, les haies, mais rien ne sort...
La Chivolande
Aujourd'hui, encore une toute petite sortie en attendant mieux. Juste le temps d'aller repérer parmi un bon millier de fuligules une nouveauté pour moi : deux fuligules milouinans. Le temps, aussi, d'observer une buse variable et un autour des palombes en chasse et qui abandonnent en partant vers les bois.
"Entonnoir blanc" caractéristique des fuligules milouinans
Autour des palombes visant les fuligules
Buse variable
Et puis, parmi toutes sortes de petits passereaux, un grimpereau fait le funambule devant moi. Je pensais à un grimpereau des jardins, et à la photo, il semble avoir les flancs bien blancs, le bec relativement court, et surtout un sourcil blanc net large qui, d'après le guide ornitho, est la marque du grimpereau des bois du Nord de l'Europe. Bon...
Dernière publication : le 18 décembre. Ça commence à dater, un peu. Il faut dire que j'ai été très occupé depuis. Notamment à extirper un héros national de la parodie de justice d'une pseudo-démocratie, et à défendre un artiste maudit pris en grippe par le nouvel ordre moral. C'était donc pour la bonne cause. En cas de doute, prière de vous adresser à Léa Salamé, Frédéric Beigbeder et Alain Finkielkraut : elle et ils sauront vous rassurer sur les qualités des hommes de Lumière Ghosn et Matzneff. Bref, en attendant que la grandiose Démocratie de nos amis de l'auto-proclamée élite s'exprime de manière plus flagrante encore en détruisant à nouveau un pays oriental, je rassemble ici les quelques images de ce début d'année 2020. Peu de sorties, mais c'est toujours ça de pris.
Gypaète barbu, Emparis de son prénom
Bouquetin des Alpes, que nous appellerons Cornélius
Emparis, l'un des neuf gypaètes barbus identifiés sur le même secteur cet hiver, est un gypa qui va atteindre dans les prochaines semaines sa 2e année. Il est né, comme son nom l'indique d'ailleurs, dans la Romanche, où le trio qui s'y est installé a lancé cette année la saison des pontes le 2 janvier. Belle dynamique chez la population de gypaètes, et ça fait plaisir.
Concernant Cornélius, lui, je n'ai pas d'infos aussi précises, mais il a l'air en forme et avait bien l'attitude d'un maître du lieu en fin de période de rut.
Fuligule milouin
Sarcelle d'hiver verticale
Sarcelles d'hiver
Martine-pêcheuse
Tichodrome échelette
Grand-duc d'Europe
Pouvoir observer un Grand-duc en bonnes conditions de lumière reste un objectif, de même que trouver une hermine à "adopter" chez elle, et tant d'autres... comme ce gypaète blanc qui navigue entre l'Italie et la France, sans oublier la piste des grands carnivores que j'ai un peu délaissée mais qui s'est ramenée sur mon chemin d'elle-même sous la forme d'une trace de lynx dans la neige...
J'espère toujours pouvoir observer le Grand-duc en bonne lumière : ça a été raté dimanche alors que l'occasion se présentait, mais ça finira par le faire. Pas encore pour aujourd'hui, mais j'ai peut-être repéré, cette fois, son dortoir. Ce qui méritera d'être confirmé, mais c'est la première fois que je le vois décoller et non pas sortir de nulle part. Ensuite, il a ses habitudes.
Le Grand-duc sort de son trou à rat
Depuis quelques jours en tout cas, la femelle n'est pas là, et ne répond pas : c'était déjà le cas dimanche. Le mâle chante par deux fois et se décide à aller se percher et chanter plusieurs minutes après le coucher du soleil. On peut malgré tout voir sa gorge blanche, visible lors du chant.
Il chante gorge blanche déployée
Et montre ses "gants de boxe" en vol
En attendant ces événements, je surveille le tichodrome. Il est bien là. Le voilà qui entreprend un vol qui lui est propre, de la falaise vers le canal, aller et retour. Sur le chemin du retour, il a la surprise de voir débouler l'épervier d'on ne sait quel arbre où il était planqué. Le tichodrome esquive un premier piqué, et la suite se déroule dans les arbres et je n'y vois plus rien. De longues minutes avant que le tichodrome ne réapparaisse... Je n'ai rien contre l'épervier mais je préfère qu'il ait raté le ticho quand même.
C'est par ce talent d'acrobaties qu'il a du s'en sortir face à l'épervier
Et puis, un chauve-souris, peut-être deux, fait la première partie du Grand-duc. Je ne connais rien aux chauves-souris pour le moment, je ne sais pas au nom de qui elle répond.
Beaucoup de vent, qui amène de la douceur mais sa force frigorifie quand même. Les conditions ne sont pas optimales pour observer les grands rapaces, manifestement.
Tentative d'approche
Une buse jongle avec les rafales, un épervier passe aussi, le gypa une fois, et l'aigle royal de temps en temps. Les vautours sont très haut, dès le petit matin.
Aigle royal
On peut observer les bouquetins, dans les pentes et dans les vires. Et puis, aussi, un petit groupe d'accenteurs alpins.