Afficher On pense avec les pieds sur une carte plus grande

samedi 13 juillet 2019

Les Mottets

Petit tour aux Mottets, voir les oiseaux. Ce sont surtout les lapins qui sont de sortie :

Cormoran et bergeronnette
Doit pas être parmi les invités de Rugy lui

Gallinule poule d'eau
Cistudes mâle et femelle

vendredi 12 juillet 2019

Lac des Balmettes

Je pars pour un bivouac aux lacs Morétan et une petite boucle autour du Pic Sud du Merlet. Sur la route, un renard passe : décidément! Après une bonne demi-heure de piste laborieuse, je prends le départ dans un joli vallon qui prend tout juste le soleil. Seulement, quelques pas plus loin, je remarque des moutons sur ma gauche. Je commence à râler, me disant qu'ils sont en libre service... et je passe un petit relief, me faisant découvrir le reste du troupeau et les 3 patous les surveillant. Me voilà mal embarqué car il y a, de fait, des moutons partout autour de moi : les patous se précipitent donc vers moi.

Départ vers le col du Merlet
Le début des ennuis

Je sais comment réagir, mais je pense déjà que j'aurai bien du mal à contourner le troupeau. Bon... Déjà, calmer les toutous. Je leur parle en partant du principe qu'ils parlent français comme tout le monde. J'enlève le chapeau et je le leur montre pour détourner leur attention. Et en essayant de ne tourner le dos à aucun des trois, ce qui n'est pas facile, je m'éloigne autant que possible des bouts de troupeaux qui arrivent d'un peu partout. Voilà. Cette milice fasciste raccompagne donc le migrant que je suis à la frontière, et tout rentre dans l'ordre. Ils ont fait du bon boulot, il faut bien le dire.

Gazé
Aiguilles d'Arves, Meije
Vers les Grandes Rousses
Bondrée apivore

A ceci près que je ne vais pas pouvoir passer. Le relief forme un entonnoir, le troupeau l'occupe complètement désormais. Passer dans les pentes avec de gros blocs rocheux et des massifs de myrtilles et rhododendrons ne me dit rien qui vaille. Je me pose donc et j'attends que les moutons décampent. Ils ne décampent pas. J'attends. Et voilà un avion de chasse dans l'oreille. Exactement le bruit d'un avion de chasse, en beaucoup moins puissant, mais bel bien ce bruit juste derrière moi. Je me retourne et reste un peu interdit quand j'aperçois un épervier qui file un peu plus loin. Je crois que j'ai eu chaud, il a du changer d'avis au dernier moment. 

L'avion de chasse
Vautour fauve

Drôle de journée décidément. La poursuite visuelle de l'épervier me fait remarquer une croix là haut derrière. Je sors la carte et je cherche un plan B, puisque ces satanés moutons ne bougent toujours pas!

Vallon des Balmettes
Traquet
Lac des Balmettes

Je choisis donc d'aller voir le lac des Balmettes, et de juger sur place. Le sentier est très peu emprunté, il faut presque le tailler dans la végétation, mais on arrive finalement sur un petit sentier-balcon avec vue sur les Aiguilles d'Arves et la Meije, notamment. Parfait. Une buse et faucon crécerelle décollent. 8 vautours fauves utilisent un thermique. Je remonte le vallon jusqu'au lac. Du lac, je vois qu'on peut continuer jusqu'à au Col des Balmettes. J'irai un autre jour. Pour une jolie boucle sauvage. Pour le moment je monte juste au collet des Balmettes, rapidement, et rejoins le lac ensuite.

En montant au collet des Balmettes


Encore

Repas rapide au bord du lac, et je rentre, un peu frustré mais c'était une belle balade quand même.

Lys orangé
Col des Balmettes pour une prochaine fois

mercredi 10 juillet 2019

Chez gypa, avec des invités petits et grands

Arrivé sur place de bonne heure, juste après le soleil, je fais une petite marche pour aller m'installer sur un rocher qui convient. Et j'attends. Pas longtemps car les bouquetins font les chèvres en poussant d'étranges cris régulièrement puis en se montrant au soleil. Et très vite, c'est la panique chez les marmottes : Renard est dans la place. Puis, c'est un chamois qui fait une remontée de pierrier, avant de remarquer des bipèdes sur le sentier plus loin, de tout redescendre jambes à son cou pour remonter plus loin près des falaises. Et je "sens un souffle" alors je me retourne et qui est là? Gypa tout juste au-dessus de moi pffffuiiiiiit... Magnifique. Il ne reviendra pas.

Vers le lac de Peyre
Aravis

Orchis vanille

Mais faucons crécerelles, chocards à bec jaune, rouge-queue noirs, etc. Et voici une petite escadrille de vautours fauves dans la brume. Fantastique. Vers midi, je me décide à plier bagages. Et qui me passe littéralement sous le nez cette fois ? Tichodrome échelette! Extraordinaire, je ne l'attendais pas celui-là... Il virevolte entre les gros blocs rocheux, presque toujours insaisissable... 

Ça fait du monde pour une matinée!

Terreur chez les marmottes


Eux ne s'affolent pas

Eterlous!
Arg! des bipèdes là-bas
Courage, fuyons!
Gypa arrive
Heu... très proche
Il ne repassera pas aujourd'hui
Plus petit le faucon crécerelle
Encore plus petit le tichodrome échelette
On retrouve des grands avec les vautours fauve

lundi 8 juillet 2019

Le Granier

Pas de route, je monte juste au-dessus de la maison, en trichant un peu en partant de Bellecombe. Un jour, je ferai la complète Chapareillan - sommet du Granier, mais aujourd'hui je m'épargne presque 300 bons mètres de dénivelé. Il en restera pas loin de 1400m dans la journée. 

Pas de l'Alpette à gauche, Pas de Bellecombe à droite

Hier soir au-dessus du Granier
Surprise avec cette céphalanthère rouge

Je serais bien parti plus tôt sans une défaillance dans la mise en marche du réveil... mais me voilà à 6h30 à Bellecombe. Un peu tard pour les premiers rayons du Soleil sur les falaises. Hier soir, les derniers rayons avaient été magnifiés par les couches de nuages au-dessus du Granier, on ne peut pas tout avoir tout le temps. 

Vue sur Belledonne
Pas de la Porte désormais inaccessible
Platanthère

Du départ, je prends le temps d'observer le pas de l'Alpette, et le pas de Bellecombe. Je vais monter par là et descendre par l'Alpette. J'ai la surprise de constater que l'itinéraire du pas de Bellecombe a été remis en balisage par le PDIPR... Il faut dire qu'avec l'interdiction du chemin d'accès au pas de la Porte, le pas de Bellecombe devient la seule opportunité de faire une boucle en partant versant Chapareillan. Cela dit, ce n'est quand même pas accessible à tout le monde. 

L'astucieux itinéraire du pas de Bellecombe
Ancolies
Orchis globuleux

J'avais déjà emprunté ce pas à la descente il y a quelques années. A la montée, c'est un peu plus facile. C'est assez long (enfin je ne mettrai qu'1h30 depuis Bellecombe), comparé à la montée versant Entremonts par Tencovaz, mais c'est assez agréable et amusant. 

Presque caché

S'il avait eu l'idée d'inventer le périscope, mais non...
Petits en vadrouille

Là haut, plutôt que la montée droit devant, je décide de suivre un balisage qui me surprend et... retourne au Pas de la Porte, jonction étant faite au-delà du passage en zone interdite. C'est astucieux mais nous voilà sur l'itinéraire qui, au bout, va longer la falaise nord, peu recommandable. Je m'en éloigne donc. La partie de cache-cache-chamois commence alors. Tout d'un coup, me voilà pris au piège, ça déboule de toutes parts, les petits gambadent sans se rendre compte qu'ils sont rigolos. Une marmotte se joint à eux, terrifiée, on ne sait pas trop pourquoi. 

Et hop!
Aster des Alpes
Changement de couleur

Il me reste à gagner le sommet du Granier. Et là, c'est la déchirure. De la chaussette, heureusement. Mais l'ampoule que cette déchirure provoque fait mal. Plus que quelques mètres à monter... La descente sera beaucoup moins douloureuse. Descente comme prévu par le pas des Barres et le Pas de l'Alpette après le repas.

mardi 2 juillet 2019

Le vertige d'une rencontre

Je reprends le titre de Jean-Michel Bertrand à propos de l'aigle royal pour une autre espèce qu'il a aussi contribué à réhabiliter avec son film La vallée des loups. C'est bien de ça qu'il s'agit. 

Depuis ma rencontre avec un lynx il y a quelques années, ce que je pensais si peu probable autant dire impossible est devenu un des objectifs de mes explorations. Non seulement le lynx, mais bien, au-delà des autres animaux, les grands prédateurs aussi décriés que fascinants. L'ours est plus loin de la maison, mais lynx et loup sont juste à côté...

Pour le loup, j'ai quelques secteurs aux alentours où je découvre très régulièrement pour ne pas dire systématiquement, depuis des années, des indices de présence ; mais il reste insaisissable. Ca m'importe d'ailleurs peu, faute de quoi j'aurais abandonné ces recherches depuis longtemps ; il me suffit de vérifier savoir penser qu'ils sont là. C'est comme cette multitude de traces de passage de renard découvertes dans la forêt ce printemps, qui signifiaient leur bonne forme et qui s'est concrétisée avec 4 renardeaux devant mon piège photo. L'absence d'image n'aurait rien gâché. Mais leur présence apporte beaucoup.

Ce jour-là, donc, j'avais une idée en tête, pas forcément précise, mais je voulais faire l'effort. J'y suis donc allé, et, arrivé sur place, en vint à prendre toutes les précautions possibles pour me rendre inexistant dans la montagne, comme s'il y avait plus d'une chance sur un million que ça serve à quelque chose. 

Mais ça a servi. Et en débouchant d'une croupe boisée vers un vallon partiellement déboisé, je vois une "ombre" passer sur ma gauche, fugace, avant de passer derrière quelques arbres. Si j'ai bien vu ce que j'ai cru voir, je vais le revoir après ce petit bosquet. C'est à 50 mètres que ça se passe, devant moi. Le vallon coupe mon cheminement à la quasi perpendiculaire. Si j'avais eu le temps de penser, j'aurais pensé à mille choses, mais non : il repasse à découvert et sous mes yeux que je crois comme je peux.

Le souffle un peu coupé je le regarde passer. Il ne m'a pas vu, peut-être pas même senti car j'étais du bon côté niveau vent, en tout cas il n'a pas peur et file en faisant d'un pas de loup un parfait contresens. Plusieurs secondes après sa disparition, j'ai entendu ses pas faire résonner le sol creux, un peu à la manière des bouquetins qui ne sont pas toujours des maîtres de discrétion et qui font deux fois le poids du gros toutou. Il est décidé, il va droit où il doit aller et il y est d'ailleurs déjà. 

Rien à voir la rencontre du lynx qui, à la tombée de la nuit, m'avait vu en même temps que moi je l'avais repéré, et avait toléré ma présence pendant plus d'une demi-heure. Le loup, lui, n'est passé que 3 secondes et encore devant moi. Mais c'était vertigineux. 

Je reste figé sur place, pensant que d'autres peuvent le suivre, mais rien ni personne ne passera, et une fois ma route reprise, celle du loup est déjà loin hors de ma vue, sans doute... 

Et c'est ainsi qu'Allah est grand.



(ni photo - je n'ai de toute façon pas eu le temps d'en avoir l'idée - ni évidemment localisation)