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jeudi 1 mai 2014

Fleur d'épine Fleur de rose a épousé le bourgeois (1er Mai)

Le 1er mai s'annonce aussi pluvieux qu'un jour d'enterrement au cinéma. On ne s'étonnerait pas de voir des ours dévorer quelque facteur ne passant pas par là. C'est ainsi qu'on ne fête pas la journée des travailleurs et des travailleuses. 
Des Travailleurs et Travailleuses fascistes (drapeau français) justement abattus par le Pouvoir
Enjeux partout! Fête du Travail ou Journée internationale des travailleuses et travailleurs? Épineuse question, je me pique de le dire... d'ailleurs! Muguet ou Églantine?

Des gens travaillent... des petites gens. C'est magnifique et c'est superbe. Des gens célèbrent... des honnêtes gens. Adjectifs! Dès le XVIIIe siècle, semble-t-il, les exploité(e)s trouvèrent valorisant de festoyer autour du fruit de leur exploitation. Les fêtes du travail. On peut les comprendre, mais aussi penser au côté ironique de la chose.

Toujours est-il... révolution... la crapule Fabre d'Eglantine (tiens?) propose d'instituer la chose dans son calendrier révolutionnaire, ce qui fut fait durant quelques années.

Aux Etats-Unis, à la fin du XIXe siècle, des paresseux lamentables se battent pour la journée de 8 heures. Grèves! Scandale. Et la leçon : 3 morts parmi les manifestants le 3 mai 1886. Bon. En France aussi, cela dit, la police tire sur les ouvriers. C'est bien normal, il ne faut reculer devant aucun moyen de destruction, comme aimaient à le penser en ces temps-là les honnêtes gens (Thiers, Jules Ferry, etc.) Les ouvriers sont donc écrasés comme des fourmis le 1er mai 1891 à Fourmies, après que Guesde, Jules de son prénom (la seule chose qu'il partageait avec les tristes Jules Ferry, Simon, Fabre?) a décidé de créer des fêtes du travail visant à réduire la journée à 8 heures - fainéant!

A Fourmies, les manifestants avaient épinglé une fleur d'églantine rouge, en souvenir aussi bien du sang versé que de Fabre d’Églantine. Cette Fleur d'épine Fleur de rose sera reprise par le Parti Socialiste.



Gardons donc le 1er Mai comme journée internationale des travailleurs et travailleuses. Mémoire des luttes. Plutôt que de parler de Fête du Travail, ce qui est une entourloupe supplémentaire (les exploités qui fêtent leur exploitation). Cela étant dit, nous pouvons récupérer le mot Travail, en le sabrant du marché de l'emploi. Voir le travail de Bernard Friot sur ce point. Qui travaille? Tout le monde, même et surtout ceux qui ne se font pas exploiter sur le marché de l'emploi. Bon. La "Fête du Travail" a une autre signification conservatrice encore, avec notre ami le Maréchal. Travail Famille Patrie. Ah bin oui. Il lui fallait le ralliement des ouvriers au petit père. Et hop! La Fête du Travail chômée depuis le 1er mai 1941. Mais, achtung! il voulait récupérer les ouvriers, pas la lutte des classes. Donc, fête du Travail, pas des travailleurs. Bref, vous l'aurez compris, je colle 3 jours-amende à quiconque parle de "Fête du Travail" en lieu et place de "Journée internationale des travailleurs et travailleuses".

 

 Parlons-en, de leurs luttes. Avez-vous remarqué ces internationalistes brandissant le drapeau français. Ces gens-là passeraient pour fascistes, aujourd'hui. Ça tombe bien, c'est toujours le cas. Plus personne ne parle de lutte des classes de nos jours, et quiconque le ferait serait immédiatement traîné dans la boue comme étant "populiste", "antisémite", "rouge-brun", "comme le FN", etc. Le Petit Parisien là au-dessus, c'est Manu qui lance sa police contre le Peuple.

Extrait de la motion défendue par le député de Carmaux JEAN JAURÈS, lors de séance parlementaire du 8 mars 1887 :
« Je dis que lorsqu’on vient acheter sur le marché français des produits agricoles, du blé, par exemple, qui ont été obtenus par des travailleurs réduits à un salaire dérisoire, c’est exactement comme si on jetait dans les campagnes de France, pour faire concurrence à nos paysans, les ouvriers qui au dehors travaillent à des salaires dépréciés. Et voilà pourquoi, pour ma part, je ne me refuse nulllement à protéger l’ensemble de la production agricole ; mais j’ajoute : à condition – et vous vous y êtes engagés vous-mêmes – que par des mesures complémentaires vous assuriez à la communauté rurale, à ceux qui travaillent véritablement, le bénéfice exclusif de cette mesure. Voilà pourquoi, lorsque vous aurez voté les surtaxes que vous préparez, nous viendrons vous demander d’en assurer directement le bénéfice aux travailleurs des champs. »

» De même, nous protestons contre l’invasion des ouvriers étrangers qui viennent travailler au rabais. Et ici, il ne faut pas qu’il y ait de méprise :
Nous n’entendons nullement, nous qui sommes internationalistes… »
[Rumeurs et interruptions sur divers bancs]
« Vous entendez bien que ce n’est pas nous qui voulons éveiller entre les travailleurs manuels des différents pays les animosités d’un chauvinisme jaloux ; non, mais ce que nous ne voulons pas, , c’est que le capital international aille chercher la main d’oeuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jetter sans contrôle et sans règlementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont les plus bas. »
[Applaudissements]
« C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main d’oeuvre française contre la main d’oeuvre étrangère, non pas, je le répète, par un exclusivisme d’esprit chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien être à l’internationale de la misère. »
[Applaudissements à l’extrême gauche. Mouvements divers]
« Les nations, systèmes clos, tourbillons fermés dans la vaste humanité incohérente et diffuse, sont donc la condition nécessaire du socialisme. Les briser, ce serait renverser les foyers de lumière distincte et rapide pour ne laisser subsister que l'incohérente lenteur de l'effort universel, ou plutôt ce serait supprimer toute liberté, car l'humanité ne condensant plus son action en nations autonomes, demanderait l'unité à un vaste despotisme asiatique. La patrie est donc nécessaire au socialisme ».
» De même, nous protestons contre l’invasion des ouvriers étrangers qui viennent travailler au rabais. Et ici, il ne faut pas qu’il y ait de méprise :Nous n’entendons nullement, nous qui sommes internationalistes… »[Rumeurs et interruptions sur divers bancs]« Vous entendez bien que ce n’est pas nous qui voulons éveiller entre les travailleurs manuels des différents pays les animosités d’un chauvinisme jaloux ; non, mais ce que nous ne voulons pas, , c’est que le capital international aille chercher la main d’oeuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jetter sans contrôle et sans règlementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont les plus bas. »[Applaudissements]« C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main d’oeuvre française contre la main d’oeuvre étrangère, non pas, je le répète, par un exclusivisme d’esprit chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien être à l’internationale de la misère. »[Applaudissements à l’extrême gauche. Mouvements divers]« Les nations, systèmes clos, tourbillons fermés dans la vaste humanité incohérente et diffuse, sont donc la condition nécessaire du socialisme. Les briser, ce serait renverser les foyers de lumière distincte et rapide pour ne laisser subsister que l'incohérente lenteur de l'effort universel, ou plutôt ce serait supprimer toute liberté, car l'humanité ne condensant plus son action en nations autonomes, demanderait l'unité à un vaste despotisme asiatique. La patrie est donc nécessaire au socialisme ».

 C'est là le côté tragique. Si vous avez écouté Dorothée ou Nana Mouskouri chanter (bravo, mais je vous ai épargné les scouts), vous n'avez pas entendu la fin de la chanson. La jeune fille a été vue, un bourgeois (dans certaines variantes, on l'appelle un "vorace") à ses côtés. Et la morale de l'histoire? La jeune fille a épousé le bourgeois. Fleur d'épine Fleur de rose a épousé le bourgeois. C'était écrit. Ils l'ont fait. Trahison complète et totale du PS.

Promenade à la Font du Loup (Isère)


Muguet ou Églantine?

 Bref!... je crois que je vais aller me balader en forêt, ce qui est très mauvais pour la croissance, et le hasard Balthazar fera que je tomberai sur du muguet (Pétain et les conservateurs auront gagné) ou sur de l'églantine en premier (la Révolution).

1er Mai de gauche avec l'églantier

Dans les forêts d'Isère, on rencontre les deux. En marchant autour de la Font du Loup, je croise ici l'églantier, là le muguet. Ce ne sera donc pas un 1er Mai hémiplégique. Le muguet royal des conservateurs de la "Fête du Travail", et la fleur d'épine, certes pas écarlate, mais rose pâle, des travailleuses et travailleurs.

1er Mai de droite avec le muguet

dimanche 27 avril 2014

Genève et le Salève

Genève
Bordeaux-Genève à vélo? Ça se fait, apparemment... de la petite "balade"... Ça donne des idées, un peu. Pour plus tard, peut-être. 

froid au bec

un autre marcheur
En attendant, je me contente d'une petite fin de semaine franco-suisse. En route vers la ville de Jean-Jacques... Enfin, de Jean-Jacques... Je passe par les rues basses, celles des manants pour lesquels se vautrait Rousseau, d'après la haute société genevoise. Je passe par "Les Délices". Une partie de St Jean, je crois, renommée par Voltaire, qui n'aurait pas pu supporter habiter un lieu nommé "St Jean". Les honnêtes gens de Genève suivirent Voltaire dans sa haine de Jean-Jacques ; mais, aujourd'hui, on peut voir ici ou là des hommages au philosophe marcheur.



faut m'expliquer
Petite balade au bord du lac avant une fondue suisse, étonnante. Faut être un peu banquier, pour vivre à Genève, quand même.


Et le lendemain, le Salève semble juste sous les nuages. Allez, on y va. Mais arrivés là-haut, c'est raté. Le brouillard se lève, le Salève est dedans. On ne voit rien, pas même la table d'orientation. Un peu de neige est tombé dans la nuit, très peu.

au Salève
débordé par la brume
un bout de lac, quelques millsecondes durant!
première printanière de l'année

lundi 21 avril 2014

Puy de la Vache

Une petite promenade du dimanche avec pascal (?). 


Déjà mis les pieds par là-bas, il y a presque 2 ans, et sans doute plus de 20 ans, aussi : depuis, l'érosion a fait son oeuvre, quand même!

Illustration :

un rocher en 1988
le même en 2014

dimanche 13 avril 2014

La Grande Sure - explorations autour du Plateau

Quelle journée! Bon...

Accès
St Laurent du Pont
Départ de la Chartreuse en Curière (853m). Depuis St-Laurent du Pont, prendre la D520b en direction de St-Pierre-de-Chartreuse, et, 750m après la sortie du village, prendre la petite route forestière qui monte sur la droite, mène à la Chartreuse qu'on dépasse pour se garer quelques dizaines de mètres plus loin, avant la barrière. 

Itinéraire 
J'ai reporté ma visite à la Grande Sure il y a quelques jours pour un accès fermé au Col de Charmette. Le départ depuis St-Joseph de Rivière ne m'emballait pas plus que ça avec ses 1200m de dénivelé forestiers. Et je ne goûte que très peu la prise de risque supposée (et vérifiée par un accident mortel en début d'année) du Pas de la Miséricorde. Mais le départ depuis la Chartreuse de Curière présente l'intérêt d'économiser 300m de dénivelé forestier par rapport à St-Joseph. 

Vers le Goulet d'Hurtières

L'itinéraire présenté est en aller-retour par le Cul de Lampe, mais on gagnerait à mon avis à revenir par le Col de la Charmille et le sentier des Agneaux pour dessiner une jolie boucle. 

L'entonnoir de la Velouse

Du parking, prendre la large piste qui monte, serpentant un peu, jusqu'au Belvédère de Nonne (1198m). Là, la piste marque un virage presque en épingle et vire au sud-ouest. Le dénivelé devient alors quasiment indolore jusqu'à la Terrasse (1385m). Alors que la piste marque une nette descente, ne pas rater le petit balisage indiquant un sentier qui monte à flanc, sur la gauche. On arrive assez rapidement en sortie de forêt, dans une zone d'éboulis qu'une petite sente traverse tout à gauche : on arrive au Cul de lampe (quel nom). C'est parfois un peu étroit mais la courte vire n'impressionnera que les plus facilement impressionnables. On rejoint alors une forêt noire, le temps d'entrer sur le plateau. Là, monter à vue vers le Col de la Sure (1675m). Et prendre à droite le sentier qui monte, sans difficulté, vers la Grande Sure (1920m). Retour par le même itinéraire.

Le Soleil donne sur la Grande Sure

Soldanelles
Difficulté 
- environ 17km et 1000m de dénivelé
- pas de difficulté particulière

Jonquille responsable de l'escalade plein-O de la Grande Sure

Explorations, détours, et divagations
Parti à 5h20, la montée en forêt ne fut perturbée que par les multiples bonds et rebonds des cervidés alertés par mon passage. Et, par la carcasse d'un chamois éventré qui aura fait le bonheur de quelques renards, j'imagine... à moins que ce ne soit l'oeuvre d'un lynx, puisque je vois des lynx partout. 

Au-dessus des rochers d'Hurtières

Ouf!
J'arrive vers 7h au Col de la Sure, où je vérifie que les nuages avaient anéanti mes espoirs de lever de soleil au sommet. Il fait très froid avec un vent glacial. Bon... j'ai tout mon temps, du coup... Je décide de laisser le sommet pour le moment, et de faire un petit tour du plateau. Direction de le Goulet d'Hurtières (1702m), qui permet de redescendre vers le Col des Charmettes... Y a un zozo qui roucoule, impossible de le dénicher cependant. Puis, je descends dans l'Entonnoir : la Velouse (1508m). Il reste plus de neige que je ne l'aurais cru... il faut dire que c'est plateau encaissé. 

Spectre de Brocken

Eh bien il n'y a plus qu'à remonter au Col de la Sure pour faire la Grande Sure... Je sais que beaucoup la descendent par l'arête sud, j'hésite un peu à chercher un chemin pour monter par là... Mais non. Plus loin, des soldanelles (chouette), et une jonquille. A cause d'elle, je décide de monter directement au sommet. Je suis a priori quasiment plein est par rapport à lui. Ça m'a l'air tout à fait jouable. Ce ne sera pas une sinécure,  loin s'en faut, mais enfin, ça passe, la plupart du temps en s'aidant des mains. Pas mécontent quand même d'apercevoir la Croix. Un peu testé mes limites, là. 

Crocus et sommet

Irisations
Il est 9h20 quand je touche la Croix. Beaucoup de nuages, encore, mais aussi un peu de ciel bleu. J'ai le Soleil dans le dos, et la brume en contrebas : un spectre de Brocken! et hop! Magnifique. En revanche, il fait toujours aussi froid dès qu'on s'arrête et par ce vent. Des rochers vont m'abriter, et une petite sieste au soleil... Un petit pique-nique, puis, je réfléchis à l'itinéraire du retour. Je voulais faire la boucle en passant le Col de la Petite Vache et le Pas de la Biche pour rejoindre le point de départ par le Sentier des Agneaux

Vue sur le retour : Col de la Grande Vache, parcours de Crête, Col de la Petite Vache

Oh non!
Un petit coup d’œil me donne à voir, plutôt que le sentier normal, un parcours de crête sur le Mollard de la Grande Vache  (quel nom), entre les cols de la grande et de la petite vache. Il a l'air bien sympathique. 

C'est parti (11h30). La descente de la Grande Sure par le sentier est extrêmement facile comparé à mon itinéraire de montée... Col de la Sure... Col de la Grande Vache... la crête! fleurie... Au fait, des randonneurs sont arrivés par le Col de la Grande Vache (et donc, par le Col de la Charmette ??)... Quelques névés trahissent la présence de mouflons, et leurs empreintes larges. 

Vu d'ici, je la tenterais pas, la montée entre les deux couloirs de neige... Et pourtant!

Depuis la crête, je vise le Pas de la Biche, avant de descendre dans la forêt encore enneigée (très enneigée!). Je vise bien parce que je tombe à 50m en y allant Au Hasard Balthazar. Une biche a pris soin de baliser les 50m restants pour que je sache dans quelle direction aller, une fois au bord de la falaise : merci. 

Au sommet, enrobé de nuages au nord

Hélas! le Pas de la Biche est bien trop raide et enneigé. Je renonce. Et contourne la Petite Vache (1735m) pour atteindre son col (1643m). Mine de rien, il est presque 13h. Je commence à fatiguer, physiquement, et moralement, dans toutes ces recherches d'itinéraires, aussi. Et puis, en forêt, je redoutais particulièrement les ponts de neige, précisément redoutables. 

Au sommet

Enfin, allez, il n'y a plus qu'à gagner le Col des Charmilles, et à redescendre. En chemin, la pente se découvre par moments, et à d'autres est recouverte de plaques de neige qui ne demandent qu'à la dévaler, la pente. Je les contourne au maximum. Une marmotte me repère, m'annonce. Et puis... remontant un petit thalweg : un mouflon! Ah! Depuis le temps qu'ils m'échappaient, ceux-là! Il est magnifique. Mais il va disparaitre aussi vite. Pas le temps de l'immortaliser, tel Alain Finkielkraut (désolé pour la comparaison). J'attends, je cherche, je cherche... plus rien! Rencontre fugace, mais ça fait plaisir, quand même!

Au sommet : vers le sud, il fait plus beau, on devine le Vercors

Une avalanche récente me sépare du Col des Charmilles. J'en ai un peu ma claque des obstacles, j'ai eu mon compte aujourd'hui, je me laisse donc redescendre vers le Cul de Lampe (moult traces de mouflons dans les névés), et rentre tambour battant vers la Chartreuse de Curière. 

Vers Chamechaude

21 km environ et quasiment 1600m+ pour aujourd'hui, quand même.


jeudi 10 avril 2014

Retour au Moucherotte

Un peu bougon, ce matin. 

La Meije

L'objectif du jour était la Grande Sure. Hélas! la route menant au Col des Charmettes, point de départ choisi, était barrée. D'autres possibilités existaient : à partir du col de la Placette ; ou à partir de St Joseph de Rivière. L'itinéraire depuis le Col de la Placette fait passer par le "Pas de la Miséricorde", apparemment dangereux, et qui a provoqué la chute mortelle d'un randonneur en début d'année : pas envie de passer par là. J'opte donc pour St Joseph de Rivière, mais me rends compte de bon matin qu'il y a 1200m de dénivelé en forêt! Ça ne me passionne que modérément... 

montée matinale en forêt vers le plateau des Ramées

Plan de secours : une petite virée au Moucherotte, et la Grande Sure sera pour une prochaine fois. Le Moucherotte déjà parcouru en 2013. Du coup, départ vers 8h du stade de neige de Lans, désert évidemment. Et montée tranquille jusqu'au Plateau des Ramées. Une impression de déjà vu, logique mais étrange : là je me retourne et voit la même montgolfière que l'an dernier ; ici je tourne la tête et découvre le même chamois que l'an dernier. Éternel Retour. 

2014
2013






























2013

2014



































Il reste un peu de neige, printanière, dense et dure. Aux Ramées, je gagne la crête et le parcours là jusqu'au Moucherotte est un enchantement. La vue est superbe par ce beau temps. Un petit rocher surplombant le vide sur la vallée semble avoir été installé là pour pique-niquer. 

Vue pour le repas

Puis, la descente, tout aussi tranquille, en croisant pas mal de monde qui monte, finalement... Les crocus s'ouvrent, les biches bondissent... Le Vercors s'habille de printemps.

Crocus

Toutes les photos : 


dimanche 6 avril 2014

Le Reculet (Jura) - fallait avoir l’œil

C'est marrant comme sont les choses. Je me sentais très fatigué vendredi, et finalement samedi après-midi, l'énergie était revenue. Du coup, je décide d'aller me balader. Pas dans les Alpes où je laisse la neige couler et/ou fondre. Mais dans le Jura. L'an dernier, j'avais fait le Grand Crêt d'Eau. Plus au nord cette fois-ci : le Reculet (1718m)

Plusieurs itinéraires d'accès sont possibles. J'opte pour un départ depuis Chézery-Forens, ou plus exactement l'un de ses hameaux (environ 700m) : le Rosset  ou l'Eppery?... Arrivant sur les lieux samedi soir, je jette un œil à la carte, et décide de prévoir une boucle, en montant par le Rosset et en redescendant par l'Eppery. Je cherche sur la petite route entre les deux un endroit pour me garer. Et là...

A l'affût


A l'orée de la nuit et à la tombée de la forêt, je vois une forme rousse. Je pense immédiatement à un lynx, et je sais qu'il y en a dans le Jura, mais ça paraît impossible! Jumelles : oui! c'en est un. Incroyable. Depuis les numéros de Wapiti que je lisais il y a fort longtemps, j'espérais en voir un jour. Mais des loups, j'y crois presque, mais un lynx... C'est rarissime, exceptionnel! Du mal à le croire. Le bougre est là, tranquille, allongé dans l'herbe, et il attend. Il attend qu'une biche ou autre repas sorte de la forêt : malin.

Il me tolère sans aucune difficulté

Pour le moment, il n'y a que moi qui me rapproche. A chaque pas, il se retourne, me fixe des yeux de lynx, et reprend sa traque immobile. Il s'habitue peu à peu à ma présence et j'arriverai à m'approcher à 10 mètres! Entre-temps, il entend un bruit à droite, va voir... rien! Il s'immobilise de nouveau. C'est moi qui entends le premier un chevreuil courir à la lisière de la forêt. Trop tard pour le lynx qui rate son dîner. Patient, il se re-pose. Il finira, la nuit tombée, par aller voir ailleurs. Quel moment magique!



C'est pas le tout, faut aller dormir et se préparer à la rando de demain.

Départ vers 6h30, à la frontale, pour 1 grosse heure de montée en lacets très raides dans la forêt. Presque 800m de dénivelé avalé en guise de petit-déjeuner, merci bien. Le plus dur est fait, mais le plus long reste à faire... Il s'agit de suivre la longue très longue crête jusqu'au Reculet. Un panneau annonce 2h30. Finalement, je mettrai 1h30, longues pauses comprises. 

Empreinte du lynx? je croyais qu'il rentrait ses griffes...
Le Gralet (1461m), on est à 1400m, le plus dur est fait

Pauses pharmacie (chaussures neuves obligent, ampoules pourtant insuffisante à y voir clair dans cette purée de pois). Et puis, pauses chamois. Qu'ils sont craintifs les chamois jurassiens!... Ils se sentaient même menacés alors que j'aurais eu une falaise de 30m à sauter pour les atteindre. Sont-ils chassés? tout le laisse croire. 

Joli ciel... plus pour longtemps
Maître Corbeau
Incroyables acrobates

c'est là ?
La progression est facilitée par la ligne de crête à longer à l'ouest, mais rendue délicate par les névés restants et surtout le brouillard épais : on est en plein dans le nuage. Impossible d'y voir à plus de 10m. De temps en temps, une petite visibilité : vite! un repère pour savoir où j'en suis. Je commençais à désespérer quand le brouillard se lève sur une pente remontante en haut de laquelle je crois deviner une croix métallique... Oui! c'est ça. Arrivé! 


Sommet du Reculet (1718m)

Le retour sera plus clair quand même et l'occasion de mieux observer les falaises, et certaines failles qui interrogent. Combien de temps cela va-t-il mettre pour s'effondrer? Quelques secondes! Mais, quelques milliers d'années, aussi. Le temps n'a aucun sens. 
failles

Il n'est pas encore 10h mais c'est l'heure du repas de midi. Le vent est glacial, mais le sommet protège un peu de ce dernier. De quoi avaler un bon repas, et repartir vers 11h pour une descente de 2h, la première heure sur la crête, la deuxième en forêt et hors sentier, à la boussole pour retomber sur la voiture.

Pas que des crocus, mais plus petites et plus naines, les jonquilles en altitude
On vise à droite du petit hameau en bas à droite


Petit week-end jurassien bien sympathique...